La Bolivie a annoncé, mercredi 23 septembre à New York, son intention d’ouvrir une représentation diplomatique à Rabat ainsi qu’un bureau commercial à Dakhla. Cette initiative marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Rabat et La Paz, avec une dimension économique tournée vers les marchés africains.
L’annonce figure dans un communiqué conjoint signé par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue bolivien, Héctor Francisco Huanca Gutiérrez, à l’issue de leur rencontre au siège des Nations unies, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale.
Le futur bureau commercial de Dakhla devrait servir de plateforme d’accès aux marchés africains pour les produits boliviens. Cette perspective traduit la volonté des deux pays de développer leurs échanges économiques et de renforcer leur coopération au-delà du seul dialogue diplomatique.
La Bolivie prend note du plan marocain d’autonomie
Sur la question du Sahara, La Paz a pris note de la proposition d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, estimant qu’elle pourrait constituer une voie pour faire progresser les négociations vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.
Les deux ministres ont également réaffirmé leur attachement aux principes du droit international, notamment le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale des États et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.
Cette formulation constitue une évolution diplomatique dans les relations bilatérales, sans équivaloir à une reconnaissance explicite de la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Une coopération politique et économique renforcée
Rabat et La Paz ont convenu de relancer leur dialogue politique de haut niveau et de mettre en place un cadre institutionnel renouvelé. Les deux pays prévoient notamment la tenue de la première session de leur mécanisme de consultations politiques bilatérales, institué en 1999.
À l’issue de la rencontre, les deux ministres ont signé un accord de suppression des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques, officiels, de service et spéciaux, ainsi qu’un mémorandum d’entente entre les académies diplomatiques des deux pays.
Ces engagements ouvrent la voie à une coopération plus structurée entre le Maroc et la Bolivie, tant sur le plan politique qu’économique, avec Dakhla appelée à jouer un rôle dans le développement de leurs échanges commerciaux avec le continent africain.