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Oussama Barik, des montagnes de Midelt aux bancs du Parlement

25 septembre 2026 - 09:46

À 28 ans, Abdelaziz Barik, connu sur les réseaux sociaux sous le nom d’Oussama Barik, a décroché un siège à la Chambre des représentants sous les couleurs du Parti de l’unité et de la démocratie. Originaire d’une région montagneuse où l’accès à l’école, aux soins et aux infrastructures demeure difficile, ce diplômé en géographie s’est d’abord fait connaître en donnant une visibilité numérique aux préoccupations des habitants.

Midelt, le 25 septembre 2026. Avant de faire campagne sur les réseaux sociaux, Oussama Barik a connu les longs trajets des écoliers de l’Atlas. Dans les villages de la commune de Bouzmou, au cœur de la province de Midelt, rejoindre un établissement scolaire peut nécessiter plusieurs kilomètres de marche. L’hiver, les chutes de neige compliquent encore les déplacements et peuvent isoler des localités entières.

C’est dans cet environnement qu’a grandi Abdelaziz Barik, né le 15 mai 1998. Diplômé en géographie, il a progressivement consacré ses interventions publiques aux disparités territoriales et aux difficultés quotidiennes des populations montagnardes. Le scrutin législatif du 23 septembre lui a permis de franchir une nouvelle étape : selon les résultats provisoires, il a remporté un siège à Midelt sous les couleurs du Parti de l’unité et de la démocratie.

Un téléphone pour rendre visibles les villages enclavés

Son engagement public a pris forme loin des structures partisanes traditionnelles. À travers des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, Oussama Barik a commencé à documenter les difficultés rencontrées par les habitants de sa région.

Routes impraticables, établissements scolaires éloignés, manque d’équipements dans les internats, accès insuffisant aux soins : ses publications ont progressivement constitué une chronique des problèmes auxquels sont confrontées certaines communes rurales du Haut Atlas.

Barik connaît personnellement une partie de ces difficultés. Il raconte notamment les déplacements éprouvants des élèves pendant l’hiver, lorsque la neige rend les trajets particulièrement dangereux. Dans certains villages, l’absence de routes accessibles complique également l’évacuation des malades, obligeant parfois les habitants à recourir à des animaux de bât.

Au fil des années, ses interventions se sont étendues aux revendications exprimées dans la région d’Imilchil, où des habitants réclament notamment de meilleures infrastructures, le désenclavement des villages et un accès plus fiable à l’électricité et à Internet.

Une notoriété numérique convertie en candidature

Lorsqu’il décide de se présenter aux élections législatives de septembre 2026, Oussama Barik conserve le mode de communication qui l’a fait connaître. Ses vidéos et ses échanges directs avec les internautes deviennent également des instruments de campagne.

Candidat du Parti de l’unité et de la démocratie, une formation peu représentée sur la scène parlementaire, il affronte notamment Rachid Taïbi Alaoui, du Mouvement populaire, et Marouane Chabâatou, du Parti authenticité et modernité (PAM).

Les résultats provisoires lui attribuent un siège dans la circonscription de Midelt. Son élection illustre l’arrivée au Parlement d’un profil dont la notoriété s’est principalement construite sur les plateformes numériques, autour de questions locales plutôt que d’une carrière préalable au sein des institutions politiques.

Le secrétaire général du Parti de l’unité et de la démocratie, Abdelmalek Dahchour, a indiqué au quotidien Al Yaoum 24 que sa formation avait mené campagne dans des conditions financières difficiles, notamment en raison du retard du financement public. Selon lui, les candidats ont dû mobiliser leurs ressources personnelles et recourir à l’emprunt. Il a également souligné le rôle joué par les réseaux sociaux dans la visibilité de la candidature de Barik.

Des revendications locales à l’action parlementaire

L’entrée d’Oussama Barik à la Chambre des représentants ouvre désormais une autre étape de son parcours. Les problèmes qu’il exposait jusqu’ici dans ses vidéos — désenclavement, transport scolaire, accès aux soins et équipements de base — relèvent de politiques publiques impliquant plusieurs administrations et collectivités territoriales.

Son nouveau mandat lui donne la possibilité de porter ces questions dans le débat parlementaire, d’interroger le gouvernement et de participer au travail législatif. Il reste à voir comment cette activité institutionnelle s’articulera avec le dialogue direct qu’il a établi avec ses abonnés.

À Midelt, son parcours met en lumière une évolution des modes d’accès à la représentation politique : les réseaux sociaux peuvent désormais servir de tribune à des habitants de territoires peu présents dans le débat national et, dans certains cas, constituer le point de départ d’un engagement électoral.

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