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Maroc : le PAM écarte le RNI du prochain gouvernement, l’Istiqlal applaudit

03 octobre 2026 - 14:46

Le rejet d’une alliance avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) s’est imposé ce samedi au Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM), réuni à Skhirat. À Salé, Nizar Baraka a créé la surprise en annonçant devant les cadres de l’Istiqlal que le parti de Fatima Ezzahra El Mansouri avait décidé d’écarter le RNI du prochain gouvernement. Une annonce accueillie par des applaudissements et qui rebat les cartes des négociations pour la future majorité. 

La configuration du prochain gouvernement marocain commence à se préciser. Réuni samedi en session extraordinaire à Skhirat, le Conseil national du PAM a vu monter une forte opposition à l’entrée du RNI dans la future majorité. Selon les informations rapportées au cours des deux réunions partisanes organisées simultanément, cette orientation a finalement débouché sur une décision d’écarter le parti arrivé deuxième aux législatives du 23 septembre.

C’est pourtant à Salé, et non à Skhirat, que l’information a été rendue publique de manière spectaculaire. Devant le Conseil national de l’Istiqlal, Nizar Baraka a annoncé que le PAM venait de décider de ne pas associer le RNI au prochain exécutif. La déclaration du secrétaire général istiqlalien a provoqué applaudissements et réactions enthousiastes dans la salle.

Au PAM, une opposition croissante au RNI

La position adoptée intervient après un débat interne au PAM sur les alliances que devra nouer Fatima Ezzahra El Mansouri, nommée cheffe du gouvernement et chargée d’en former la majorité. Parmi les voix favorables à l’exclusion du RNI figurait notamment Hicham El Mhajri, membre du bureau politique, qui a défendu cette position lors des discussions à huis clos du Conseil national.

Selon le récit d’Alyaoum24, plusieurs parlementaires et anciens parlementaires du PAM ont également estimé qu’une nouvelle alliance avec le RNI ne correspondrait pas au message envoyé par les électeurs lors des dernières législatives. Une autre tendance plaidait toutefois pour laisser une plus grande marge de manœuvre à El Mansouri afin qu’elle puisse conduire elle-même les négociations en fonction des contraintes nécessaires à la constitution d’une majorité.

Le choix est d’autant plus significatif que le RNI avait été le premier parti reçu par la cheffe du gouvernement désignée, le 30 septembre à Rabat. La délégation conduite par Mohamed Chouki avait alors exprimé sa disponibilité à soutenir El Mansouri et à participer à la prochaine étape politique. Le bureau politique du RNI avait ensuite annoncé être prêt à rejoindre le gouvernement, tout en laissant la décision définitive à son Conseil national.

L’Istiqlal désormais au centre des négociations

La décision du PAM modifie sensiblement l’équation de la future majorité et renforce mécaniquement l’importance des autres formations susceptibles d’y participer. L’Istiqlal, troisième en nombre de sièges lors des législatives, apparaît désormais comme l’un des partenaires majeurs des négociations conduites par El Mansouri.

Nizar Baraka s’est cependant gardé d’annoncer lui-même une décision définitive sur la participation de son parti. Devant le Conseil national réuni à Salé, il a rappelé que ce choix revenait aux institutions de l’Istiqlal. Lors de leurs consultations du 30 septembre, El Mansouri lui avait présenté les premières orientations de la majorité qu’elle souhaite constituer, avec l’objectif affiché de parvenir à un gouvernement fort et cohérent.

Le secrétaire général de l’Istiqlal a également replacé le débat sur la coalition dans un cadre programmatique. Pour son parti, le prochain exécutif devra notamment répondre aux enjeux de l’emploi, de la protection du pouvoir d’achat, de l’intégration des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes, tout en faisant face aux conséquences des tensions géopolitiques sur l’économie marocaine.

Une rupture avec la majorité sortante

L’exclusion du RNI, si elle se traduit effectivement dans la composition définitive du gouvernement, marquerait surtout une rupture avec la coalition qui dirigeait le pays depuis 2021. RNI, PAM et Istiqlal avaient gouverné ensemble pendant cinq ans sous la présidence d’Aziz Akhannouch. Après les élections du 23 septembre, les mêmes formations s’étaient retrouvées autour de la table des consultations, mais dans un rapport de forces profondément transformé : le PAM est désormais chargé de conduire le gouvernement.

Le «super samedi» politique organisé simultanément à Skhirat, Salé et Rabat devait précisément permettre aux trois anciens partenaires de clarifier leurs positions respectives. Le premier changement majeur est désormais connu : le PAM ne souhaite pas reconduire à l’identique la coalition sortante.

Reste à connaître la configuration que Fatima Ezzahra El Mansouri cherchera à bâtir autour de son parti. Le choix définitif de l’Istiqlal, mais également les positions des autres formations consultées ces derniers jours, détermineront l’arithmétique de la nouvelle majorité. L’annonce faite par Nizar Baraka constitue néanmoins un premier tournant : les consultations ouvertes après les législatives entrent désormais dans la phase des choix.

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