>

Carburants : le G7 puise à nouveau dans ses réserves pour desserrer l’étau sur le diesel

03 octobre 2026 - 14:53

Réunis en visioconférence sous la présidence française d’Emmanuel Macron, les dirigeants du G7 ont décidé de libérer de manière coordonnée 100 millions de barils de pétrole et de produits raffinés au cours des quatre prochains mois. L’opération donnera la priorité au diesel pendant ses vingt premiers jours afin de contenir les tensions sur les prix provoquées par la crise au Moyen-Orient et les difficultés persistantes d’approvisionnement en produits raffinés. 

Le G7 ouvre une nouvelle fois ses réserves stratégiques. Les dirigeants des grandes économies occidentales, réunis vendredi à l’initiative d’Emmanuel Macron, ont confié à l’Agence internationale de l’énergie (AIE) la coordination d’un déblocage de 100 millions de barils. L’opération doit commencer immédiatement et s’étaler sur quatre mois.

Cette fois, l’urgence porte particulièrement sur le diesel. Une quantité substantielle doit être injectée sur le marché au cours des vingt premiers jours, tandis que le G7 laisse ouverte la possibilité de nouveaux déstockages si la situation l’exige. Les pays membres coordonneront parallèlement les calendriers de maintenance de leurs raffineries afin d’éviter des arrêts simultanés et chercheront, lorsque cela est possible, à augmenter temporairement leurs capacités de production.

Le diesel, nouveau point de tension

La nature de la crise énergétique a évolué. Si les exportations de brut en provenance du Moyen-Orient se sont sensiblement redressées, les flux de produits raffinés restent fortement contraints. L’AIE souligne que les tensions demeurent particulièrement sévères sur le marché du diesel, une situation aggravée par les frappes ukrainiennes contre des raffineries russes.

Les perturbations autour du détroit d’Ormuz restent au cœur du problème. Le G7 réclame le rétablissement complet de la liberté de navigation sur cette voie essentielle au commerce énergétique mondial. Il entend parallèlement maintenir les sanctions contre la Russie tout en limitant leurs répercussions indirectes sur les marchés des carburants, du gaz et des autres matières premières.

L’intervention intervient quelques mois seulement après une opération d’une ampleur historique. En mars, l’AIE avait coordonné la mise à disposition de 400 millions de barils provenant des réserves d’urgence. Quelque 325 millions avaient déjà été libérés début octobre, soit plus de 80% du volume annoncé. La nécessité d’une nouvelle intervention illustre la persistance des fragilités, désormais particulièrement visibles sur les produits raffinés.

La pression américaine en toile de fond

L’accord intervient également après plusieurs jours de pression exercée par Washington sur Paris et Berlin, qui détiennent une part importante des stocks européens de diesel. L’administration Trump avait évoqué la possibilité de restreindre les exportations américaines si les Européens ne mobilisaient pas davantage leurs propres réserves d’urgence.

Le compromis conclu vendredi éloigne pour l’instant cette perspective. Les membres du G7 se sont engagés à ne pas imposer de restrictions aux exportations d’énergie entre eux et appellent également les autres producteurs à éviter toute mesure susceptible d’accentuer les tensions sur les marchés.

Faire baisser les prix à la pompe

L’annonce a déjà eu un premier effet sur les marchés. Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a indiqué que les cours du pétrole avaient commencé à reculer après la décision, évoquant une baisse initiale d’environ cinq dollars. Il a également assuré que l’agence disposait encore de réserves suffisantes pour procéder à de nouveaux déstockages si nécessaire.

Pour Emmanuel Macron, l’enjeu est désormais que cette détente se répercute sur les automobilistes. L’Élysée affirme que le gouvernement français veillera à ce que la baisse observée sur les marchés internationaux se traduise effectivement dans les prix à la pompe.

Le recours aux stocks stratégiques peut soulager le marché à court terme, mais il ne fait pas disparaître les causes de la tension. Tant que la circulation autour d’Ormuz restera vulnérable et que l’offre mondiale de produits raffinés demeurera contrainte, le diesel restera l’un des principaux points faibles du marché énergétique. Le G7 s’est donc donné vingt jours avant une première évaluation, avec la possibilité de puiser encore davantage dans ses réserves.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *