>

Sahara marocain : le Conseil de sécurité à l’heure d’un nouveau rendez-vous décisif

04 octobre 2026 - 10:03

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’apprête à remettre le dossier du Sahara marocain au centre de ses travaux en octobre. Des consultations sont attendues les 7 et 8 octobre, avant les négociations sur une nouvelle résolution et le renouvellement éventuel du mandat de la MINURSO, qui arrive à échéance le 31 octobre 2026. Ce rendez-vous intervient dans un contexte diplomatique marqué par la place croissante de l’initiative marocaine d’autonomie dans les discussions internationales.

Le dossier du Sahara revient au premier plan diplomatique à New York. Sous la présidence tournante de la Grèce, le Conseil de sécurité doit consacrer plusieurs séances au dossier au cours du mois d’octobre, avec en perspective l’adoption d’une nouvelle résolution avant l’expiration du mandat actuel de la MINURSO.

Selon le programme provisoire du Conseil, des consultations à huis clos sont prévues les 7 et 8 octobre. Les membres devraient entendre Alexander Ivanko, représentant spécial du secrétaire général et chef de la MINURSO, ainsi que Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara. Leurs exposés, auxquels s’ajoute le rapport annuel du secrétaire général, devraient servir de base aux négociations sur le prochain texte.

Dans le prolongement de la résolution 2797

Les discussions de cette année revêtent une importance particulière après l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797. Le texte avait prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et marqué une évolution notable dans le traitement politique du dossier.

La résolution avait notamment appelé à poursuivre les négociations en prenant comme base la proposition marocaine d’autonomie, avec l’objectif de parvenir à une solution politique définitive et acceptable par les parties. Elle avait également considéré qu’une véritable autonomie pourrait constituer l’issue la plus réalisable.

Pour Rabat, cette évolution a constitué une avancée diplomatique importante. L’initiative d’autonomie, présentée par le Maroc en 2007, occupe désormais une place centrale dans les discussions sur la recherche d’une issue au conflit.

Le processus onusien reste néanmoins ouvert et le statut définitif du territoire continue de faire l’objet du différend. Le prochain texte du Conseil sera donc particulièrement observé pour déterminer si la dynamique engagée en 2025 est confirmée, renforcée ou reformulée.

Des positions internationales en évolution

Les discussions d’octobre se déroulent dans un environnement diplomatique sensiblement plus favorable à l’approche marocaine qu’il ne l’était quelques années auparavant.

Les États-Unis maintiennent la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara annoncée en décembre 2020 sous la présidence de Donald Trump et soutiennent la proposition d’autonomie comme base pour parvenir à un règlement durable.

En Europe, plusieurs positions ont également évolué. La France considère le plan d’autonomie marocain comme la seule base permettant de parvenir à une solution politique, tandis que le Royaume-Uni le présente comme la base la plus crédible, viable et pragmatique pour parvenir à un règlement durable. Le Danemark a également qualifié l’initiative marocaine de bonne base pour une solution convenue entre les parties, alors que la Grèce la considère comme une approche sérieuse et crédible.

Parmi les membres élus du Conseil de sécurité, Bahreïn, la République démocratique du Congo et le Liberia ont exprimé leur soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara et ont ouvert des représentations consulaires dans les provinces du Sud.

L’Amérique latine connaît elle aussi des évolutions. La Colombie a modifié sa position en août 2026 après l’arrivée au pouvoir du président Abelardo de la Espriella, tandis que le Panama, qui avait suspendu en novembre 2024 ses relations diplomatiques avec la « RASD », considère l’initiative d’autonomie comme la base la plus sérieuse, crédible et réaliste pour parvenir à une solution durable.

La MINURSO au cœur des discussions

Le rendez-vous d’octobre ne portera cependant pas uniquement sur les rapports de force diplomatiques. L’avenir de la MINURSO constituera également l’un des principaux enjeux des négociations.

Son mandat actuel expire le 31 octobre. Les membres du Conseil devront donc décider des conditions de sa prolongation et de son articulation avec l’évolution du processus politique.

Plusieurs scénarios peuvent être discutés, depuis une reconduction classique du mandat jusqu’à une prolongation plus courte permettant au Conseil de réexaminer plus rapidement la situation. Les consultations d’octobre permettront de mesurer les convergences et les divergences entre les quinze membres.

Car malgré l’évolution de plusieurs positions internationales, les approches au sein du Conseil restent différentes. Certains États continuent d’accorder une place centrale au principe d’autodétermination et à la recherche d’une solution mutuellement acceptable sous l’égide des Nations unies.

Un mois d’octobre stratégique pour Rabat

Pour la diplomatie marocaine, l’enjeu sera désormais de consolider dans la prochaine résolution la dynamique créée autour de l’initiative d’autonomie.

Les évolutions enregistrées ces dernières années aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays ont progressivement renforcé la proposition marocaine dans le débat diplomatique. Mais le rendez-vous d’octobre permettra surtout de déterminer dans quelle mesure cette évolution se traduira dans le langage du prochain texte du Conseil de sécurité.

Les consultations des 7 et 8 octobre constitueront ainsi la première étape d’un mois diplomatique particulièrement important. Les négociations se poursuivront ensuite à New York en vue d’un vote attendu avant le 31 octobre.

Pour Rabat, l’objectif est clair : transformer l’élargissement des soutiens internationaux à l’autonomie en une dynamique politique durable au sein des Nations unies. Le prochain défi sera de savoir si cette convergence diplomatique peut désormais contribuer à relancer un processus de négociation capable de rapprocher le dossier d’un règlement définitif.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *