Le bilan de l’attaque armée perpétrée vendredi 23 octobre contre une église grecque-orthodoxe dans le sud de la Jordanie s’est alourdi à huit morts et 40 blessés. Plusieurs hommes armés ont ouvert le feu sur des fidèles réunis pour des funérailles dans le village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak. Le roi Abdallah II a fermement condamné cet acte qualifié de terroriste par les autorités, tandis qu’une vaste opération de recherche se poursuit pour retrouver les assaillants.
La Jordanie est sous le choc après une attaque meurtrière contre l’église Saint-Georges, un lieu de culte grec-orthodoxe situé dans le village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, au sud du pays.
Samedi 24 octobre, les autorités sanitaires jordaniennes ont annoncé le décès d’une personne grièvement blessée lors de la fusillade, portant le bilan de sept à huit morts.
Selon l’agence officielle jordanienne Petra, la victime avait été admise dans un état critique à l’hôpital militaire Prince Ali, où elle avait subi une intervention chirurgicale avant de succomber à ses blessures.
Le ministre de la Santé, Ibrahim Al-Bdour, a précisé que 26 blessés restaient hospitalisés, dont un dans un état critique. Au total, 40 personnes ont été blessées lors de l’attaque.
Des hommes armés ouvrent le feu pendant des funérailles
L’attaque s’est produite vendredi en pleine journée, alors que des dizaines de fidèles participaient à une cérémonie funéraire dans l’enceinte de l’église Saint-Georges.
Selon les témoignages recueillis par les médias jordaniens, plusieurs assaillants armés sont arrivés à proximité du bâtiment avant d’ouvrir le feu sur les personnes présentes.
Des images de vidéosurveillance diffusées par la télévision publique jordanienne Al-Mamlaka montrent des hommes armés tirer en direction de l’église, puis se précipiter vers son entrée.
La fusillade aurait duré plusieurs minutes, provoquant la panique parmi les participants à la cérémonie.
Les forces de sécurité ont immédiatement bouclé le secteur et engagé des opérations de recherche pour retrouver les auteurs de l’attaque.
Les autorités n’ont pas encore établi publiquement l’identité des assaillants ni confirmé leur éventuelle appartenance à une organisation terroriste. Aucune revendication n’avait été enregistrée dans les premières heures suivant les faits.
Le roi Abdallah II promet une réponse ferme
Le roi Abdallah II a condamné l’attentat et promis que ses auteurs seraient poursuivis et sanctionnés avec la plus grande fermeté.
Le souverain jordanien s’est rendu à Karak pour rencontrer plusieurs blessés hospitalisés et témoigner de sa solidarité avec les victimes et leurs familles.
Les autorités ont décrété trois jours de deuil national à la suite de l’attaque.
De son côté, le Premier ministre Jafar Hassan a dénoncé un acte inspiré par l’idéologie terroriste et l’extrémisme aveugle.
Le gouvernement a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale et la coexistence entre les différentes communautés religieuses du Royaume.
Samedi, les dispositifs de sécurité ont été renforcés dans plusieurs lieux sensibles, notamment à proximité des représentations diplomatiques et des centres commerciaux.
Une attaque qui frappe la communauté chrétienne jordanienne
La province de Karak abrite une importante communauté chrétienne, dans un pays majoritairement musulman où les chrétiens représentent une faible proportion de la population.
L’attaque contre l’église Saint-Georges suscite une vive émotion dans le Royaume, où les violences visant directement les lieux de culte chrétiens demeurent rares.
Le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem et les responsables des Églises chrétiennes de Terre sainte ont fermement condamné la fusillade, exprimant leur solidarité avec les familles endeuillées.
Dans une déclaration commune, ils ont dénoncé une attaque contre des civils sans défense réunis pour accompagner un défunt, soulignant l’importance du dialogue et de la coexistence entre musulmans et chrétiens.
Ils ont également appelé les Églises de la région à faire sonner leurs cloches samedi à midi en mémoire des victimes.
Une condamnation internationale et une enquête toujours ouverte
L’attentat a suscité de nombreuses réactions à l’étranger. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné l’attaque et demandé que les responsables soient traduits en justice.
Plusieurs pays arabes et responsables religieux ont également exprimé leur solidarité avec la Jordanie, mettant en garde contre les tentatives de déstabilisation et les violences visant les communautés religieuses.
Les enquêteurs cherchent désormais à établir les circonstances précises de l’attaque, les motivations de ses auteurs et leurs éventuelles connexions avec des réseaux extrémistes.
En attendant les conclusions de l’enquête, les autorités jordaniennes affirment leur détermination à protéger les lieux de culte et à préserver l’unité nationale face à la menace terroriste.