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Sahara marocain: le nouveau projet américain maintient l’autonomie marocaine au cœur des négociations

27 octobre 2026 - 22:09

Malgré plusieurs ajustements introduits dans la deuxième version du projet de résolution américain, Washington conserve l’essentiel de son orientation politique : faire de l’autonomie sous souveraineté marocaine la seule base des négociations. Le texte prévoit également de rebaptiser la MINURSO, d’engager une réflexion sur la transformation de son mandat et d’élargir les consultations à différentes composantes de la population sahraouie.

À quelques jours de l’expiration du mandat de la MINURSO, prévue le 31 octobre, les négociations diplomatiques s’intensifient au Conseil de sécurité des Nations unies. Une deuxième version du projet de résolution américain, diffusée le 26 octobre, introduit plusieurs modifications par rapport au texte initial du 20 octobre, sans remettre en cause son orientation fondamentale en faveur de la proposition marocaine d’autonomie.

Cette nouvelle mouture, qui reste soumise aux consultations entre les membres du Conseil, témoigne d’une double dynamique : préserver les acquis diplomatiques du Maroc tout en recherchant une formulation susceptible de faciliter l’adoption du texte.

L’autonomie marocaine demeure la seule base de négociation

Le principal enseignement de cette version révisée réside dans le maintien du statut central accordé à l’initiative marocaine d’autonomie.

Le projet invite les parties à poursuivre les négociations en utilisant cette proposition comme seule base de discussion, dans la perspective d’un règlement juste, durable et mutuellement acceptable.

Il considère également qu’une autonomie véritable sous souveraineté marocaine représente la solution la plus réalisable, tout en réaffirmant la nécessité de respecter la Charte des Nations unies, notamment le principe d’autodétermination.

Cette formulation marque une évolution par rapport à la résolution 2797 de 2025, qui reconnaissait déjà la pertinence de l’initiative marocaine, mais conservait une rédaction moins exclusive quant au cadre des négociations.

La nouvelle version ne constitue toutefois ni un accord définitif entre les parties ni une décision juridiquement acquise du Conseil de sécurité.

De la MINURSO à la MINUSO : un changement hautement symbolique

L’autre évolution majeure concerne l’avenir de la mission onusienne déployée au Sahara depuis 1991.

Le projet prévoit de prolonger son mandat jusqu’au 31 octobre 2027, tout en proposant de modifier son appellation dès le 1er novembre 2026.

La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) deviendrait ainsi la Mission des Nations unies au Sahara occidental (MINUSO).

La disparition du terme « référendum » de sa dénomination aurait une portée politique et symbolique considérable.

Elle traduirait la volonté de faire évoluer le dispositif onusien vers l’accompagnement d’un règlement politique négocié.

Toutefois, contrairement à la première version américaine, qui prévoyait une réduction plus rapide et plus importante de la composante militaire, le nouveau texte adopte une démarche progressive.

Le secrétaire général serait invité à présenter, avant le 30 janvier 2027, des propositions détaillées sur la structure, les effectifs et les moyens de la mission.

La transformation effective de son mandat ferait ensuite l’objet d’une nouvelle décision du Conseil de sécurité.

Des voix sahraouies au-delà des parties traditionnelles

Le projet comporte également une disposition susceptible de modifier la dynamique des consultations.

Il demande à l’envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, de consulter un large éventail de composantes sahraouies, y compris des interlocuteurs ne faisant pas partie des délégations officiellement engagées dans les négociations.

Ces consultations concerneraient les populations du territoire, les camps de réfugiés et la diaspora.

Cette ouverture pourrait permettre de diversifier les contributions au processus politique et de mieux prendre en compte les différentes sensibilités sahraouies.

Elle ne signifie cependant pas que ces nouveaux interlocuteurs obtiendraient automatiquement le statut de parties négociatrices.

Tindouf : le recensement des réfugiés revient au premier plan

Sur le volet humanitaire, le projet demande au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de mener à terme l’enregistrement de la population réfugiée dans la région de Tindouf dans un délai de six mois.

Le texte insiste sur la nécessité de garantir l’accès aux populations concernées, la liberté de circulation et l’absence d’ingérence dans les opérations d’enregistrement.

Il souligne également l’importance de rechercher des solutions individuelles, volontaires et durables, conformément au droit international.

Cette disposition pourrait donner une nouvelle impulsion à un dossier humanitaire qui demeure étroitement lié aux perspectives de règlement politique.

Un compromis diplomatique encore en construction

La deuxième version du projet américain apparaît ainsi comme une tentative de concilier une orientation politique favorable à l’autonomie marocaine avec certaines préoccupations exprimées au cours des consultations diplomatiques.

Le retrait de dispositions imposant une réduction immédiate et chiffrée des effectifs de la MINURSO, ainsi que la réaffirmation explicite du principe d’autodétermination, illustrent cette recherche d’équilibre.

Le Front Polisario conteste toutefois l’idée que l’autonomie puisse constituer l’unique cadre de règlement, estimant qu’une telle approche limiterait les options d’autodétermination.

Pour Rabat, en revanche, le maintien de la proposition d’autonomie comme référence exclusive des négociations représente une continuité diplomatique majeure.

L’enjeu des prochains jours sera donc de déterminer si cette orientation sera conservée dans le texte finalement soumis au vote et dans quelle mesure les membres du Conseil accepteront de redéfinir le rôle de la présence onusienne au Sahara.

À ce stade, une conclusion s’impose : les modifications apportées au projet n’en ont pas bouleversé l’architecture politique, mais le passage d’une proposition américaine à une résolution du Conseil de sécurité reste une étape décisive.

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