Une délégation du Comité sur les investissements publics des comtés et des fonds spéciaux du Sénat kényan, dirigée par le sénateur Godfrey Osotsi, s’est rendue à Dakhla dans un contexte à la fois diplomatique et économique. Cette visite, plus qu’un simple échange protocolaire, illustre une convergence croissante entre Nairobi et Rabat.
Sur place, les parlementaires kényans ont découvert la dynamique du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, impulsé depuis 2015 par SM le Roi Mohammed VI. Leur programme comprenait notamment une halte au chantier du port Atlantique de Dakhla, appelé à positionner la région comme un hub logistique et économique majeur pour le Sud marocain et l’Afrique de l’Ouest.
La portée politique de cette visite dépasse largement le cadre territorial. Godfrey Osotsi a profité de sa présence pour réaffirmer le soutien du Kenya au plan d’autonomie marocain, considéré comme la seule solution viable au différend autour du Sahara. Cette position, déjà exprimée lors de visites précédentes de haut niveau, trouve ainsi une nouvelle traduction institutionnelle.
L’approche s’inscrit dans une logique de coopération décentralisée. Plusieurs comtés kényans ont déjà conclu des jumelages avec la région de Dakhla-Oued Eddahab, et cette mission parlementaire vient renforcer un partenariat qui s’appuie à la fois sur des échanges politiques et sur des projets économiques concrets.
Ce geste porte un impact qui dépasse le seul registre diplomatique, puisqu’il renforce à la fois l’image du Maroc et l’attractivité de ses régions du Sud. Cette démarche est également un message adressé aux sceptiques : l’autonomie marocaine ne se réduit pas à une proposition technique, elle s’affirme comme une réalité partagée et recherchée. En associant des acteurs législatifs kényans aux projets structurants de Dakhla, le Maroc démontre que son approche du Sahara se construit non pas dans l’abstraction, mais à travers des réalisations concrètes et des partenariats sud-sud durables.
Au final, le Sahara marocain se dessine moins dans les discours que dans les faits : infrastructures, diplomatie et coopération africaine. Dans cette trajectoire, Dakhla s’impose comme un espace clé de la nouvelle géopolitique du continent.