Conscient de la complexité que représente le phénomène des chiens et chats errants, le Maroc s’est mis à pied d’œuvre pour la lutte contre cette problématique endémique dans le cadre des efforts visant la promotion des services publics liés à la prévention sanitaire.
En vertu d’une convention de partenariat signée entre les ministères de l’Intérieur, et de la Santé, l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) et l’Ordre national des vétérinaires, les chiens errants sont désormais ramassés dans des dispensaires spécialisés, stérilisés pour limiter leur reproduction, vaccinés contre la rage, traités des parasites et remis dans leur milieu d’origine après identification, dans le plein respect du bien-être animal, a expliqué Mohammed Roudani, Chef de la division de l’Hygiène et des Espaces verts à la direction des Services publics locaux au ministère de l’Intérieur.
Situé dans la préfecture de Salé sur une superficie d’un hectare, le dispensaire animalier de la région de Rabat-Salé-Kénitra respecte les normes internationales de protection animale définies par l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation mondiale de la santé animale a affirmé Youssef Lhor, président de l’Association marocaine de protection des animaux et de la nature (AMPANA), chargée de la gestion du dispensaire.
Cet établissement adopte la technique appelée « TNR » (Trap-Neuter-Release), qui consiste à capturer les chiens errants, puis à les traiter (vaccination et stérilisation) et à les relâcher dans leur milieu d’origine,
Cette approche permet de contrôler la population animale errante tout en garantissant la sécurité publique, précise Youssef Lhor notant que le suivi des animaux est assuré par un système informatique qui garantit une gestion efficace le long du processus.
Afin d’accélérer la mise en œuvre de ce procédé au niveau national, le ministère de l’Intérieur a alloué, jusqu’à fin juillet 2024, quelque 80 MDH destiné aux collectivités pour la construction et l’équipement de dispensaires animaliers notamment à Oujda, Tanger, Ifrane, Sidi Slimane, Kénitra, Khémisset, Salé, Rabat, Témara, Béni Mellal, Agadir, Marrakech, et Casablanca, a fait savoir Mohamed Roudani.
Le ministère de l’Intérieur appuie annuellement les collectivités territoriales pour l’acquisition de véhicules équipés de cages et de matériel de capture des animaux, avec un budget d’environ 70 millions de dirhams (MDH) au cours des cinq dernières années.
Par ailleurs, le ministère œuvre à la mise en place d’un programme visant la création de 130 Bureaux communaux d’hygiène (BCH) dans le cadre des groupements de collectivités territoriales, avec une enveloppe globale d’un milliard et 40 millions de dirhams, a-t-il indiqué.
Face à l’absence de données précises sur le nombre de chiens errants au Maroc, le ministère a signé, récemment, une convention de partenariat avec l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II pour effectuer un recensement de la population canine errante, en plus de la mise à disposition de vaccins à voie orale.
De plus, en vertu de la convention signée en 2018 avec le ministère de la Santé visant à rapprocher les services médicaux aux citoyens, notamment en milieu rural, le ministère consacre annuellement 40 MDH pour l’acquisition de vaccins et de sérums antirabique de l’Institut Pasteur au profit des 556 centres de santé, relevant du ministère de la Santé et de la Protection sociale, a-t-il précisé.
Sur le plan législatif, un projet de décret a été élaboré en application de la loi n° 56.12 relative à la prévention et à la protection des personnes contre les dangers de chiens, qui comprend plusieurs mesures pour une meilleure gestion du phénomène des chiens errants, tout en respectant le principe du bien-être animal, a conclu le responsable.