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Albares appelle l'Union européenne à interdire le commerce avec les colonies israéliennes et met en lumière les divisions des Vingt-Sept

13 juillet 2026 - 11:08

Bruxelles – Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a exhorté lundi l’Union européenne à dépasser le stade des « options » et à interdire le commerce des produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie, jugées illégales au regard du droit international.

À son arrivée au Conseil des Affaires étrangères de l’UE, le chef de la diplomatie espagnole a estimé que le moment était venu pour les Vingt-Sept de prendre une décision politique claire plutôt que de poursuivre les discussions sur différentes hypothèses.

L’Espagne fonde sa position sur l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de Justice, qui considère l’occupation des territoires palestiniens comme contraire au droit international et remet en cause la légalité des activités économiques liées aux colonies.

Une décision aux implications juridiques

Les ministres examinent actuellement un document préparé par la Commission européenne, proposant plusieurs scénarios allant d’un renforcement du régime actuel de différenciation commerciale à une interdiction partielle ou totale des importations provenant des colonies israéliennes.

L’enjeu porte également sur la procédure d’adoption : une décision relevant de la politique commerciale pourrait être approuvée à la majorité qualifiée, tandis qu’une mesure relevant de la politique étrangère ou des sanctions nécessiterait l’unanimité, offrant à chaque État membre un droit de veto.

Les Européens affichent leurs divergences

La réunion a confirmé les profondes divergences entre les États membres.

La Belgique et les Pays-Bas ont plaidé pour des mesures concrètes contre le commerce avec les colonies. Le ministre belge Maxime Prévot a regretté que la Commission n’ait présenté qu’un document exploratoire, appelant à des propositions législatives soumises rapidement au vote.

À l’inverse, l’Allemagne privilégie le dialogue avec Israël. Son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, estime qu’une telle décision requiert l’accord unanime des Vingt-Sept et juge prioritaire de maintenir des échanges diplomatiques avec les autorités israéliennes.

Un débat dans un contexte régional explosif

Cette initiative intervient alors que la guerre au Moyen-Orient continue d’alimenter les tensions et que le processus de paix reste dans l’impasse. Madrid considère qu’une réponse européenne plus ferme est nécessaire pour défendre le droit international et répondre à l’expansion des colonies israéliennes.

Le débat intervient également après l’échec d’une précédente tentative visant à suspendre partiellement l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël, faute de soutien suffisant parmi les États membres.

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