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Le Portugal interdit de dissimuler son visage dans l’espace public : des amendes pouvant atteindre 3 000 euros

23 septembre 2026 - 10:03

La loi surnommée « loi sur la burqa » entre en vigueur ce mercredi au Portugal. Adopté à l’initiative du parti Chega, le texte prévoit plusieurs exceptions et sanctionne également les personnes qui contraignent autrui à se couvrir le visage. Son application relance le débat européen sur la sécurité, la liberté religieuse et les droits individuels.

Le Portugal interdit désormais de dissimuler son visage dans les espaces publics. Entrée en vigueur ce mercredi 23 septembre, la loi 58/2026 prévoit des amendes pouvant atteindre 3 000 euros et s’applique aux voies publiques, aux établissements accueillant du public ainsi qu’aux lieux où sont assurés des services accessibles aux citoyens.

Communément appelée « loi sur la burqa », cette législation ne mentionne pourtant ni la burqa, ni le niqab, ni aucune religion en particulier. Elle vise les vêtements destinés à masquer le visage ou à empêcher son identification, indépendamment de leur nature ou de leur origine.

L’interdiction s’étend également aux manifestations, aux événements publics et aux compétitions sportives.

Des exceptions encadrées et des sanctions graduées

Le texte autorise la dissimulation du visage lorsqu’elle est justifiée par des raisons médicales, professionnelles, artistiques, publicitaires, de sécurité ou par les conditions climatiques. Les avions, les représentations diplomatiques et consulaires, les lieux de culte et les autres espaces sacrés bénéficient également d’exceptions.

Les contrevenants s’exposent à des amendes comprises entre 150 et 750 euros en cas de négligence et entre 400 et 3 000 euros lorsque l’infraction est intentionnelle. Les forces de l’ordre seront chargées de constater les infractions, tandis que les municipalités assureront les procédures administratives et l’application des sanctions.

La législation comporte aussi un volet pénal destiné à réprimer les contraintes exercées sur les personnes obligées de se couvrir le visage. Le recours à la violence, aux menaces, à la coercition ou à l’abus d’autorité pour imposer cette pratique en raison du sexe de la victime pourra être puni de deux ans d’emprisonnement au maximum ou d’une amende pénale. La peine sera aggravée lorsque la victime est mineure.

Une loi issue d’une initiative de Chega

Portée initialement par Chega, formation de droite radicale devenue la principale force d’opposition au Portugal, la proposition a été amendée au cours de son examen parlementaire, notamment pour mettre l’accent sur l’identification des personnes et la sécurité dans l’espace public.

Le Parlement portugais a adopté la loi le 17 juillet, avant sa promulgation par le président António José Seguro le 18 août.

Son entrée en vigueur inscrit le Portugal dans un débat déjà présent dans plusieurs pays européens. Les partisans de ces restrictions invoquent la sécurité publique, la nécessité d’identifier les personnes et la lutte contre les pratiques vestimentaires imposées. Leurs opposants soulèvent des préoccupations relatives à la liberté religieuse, à la proportionnalité des sanctions et aux conséquences possibles pour les femmes portant volontairement un voile intégral.

La mise en œuvre de cette nouvelle législation constituera désormais un enjeu pour les autorités portugaises, appelées à concilier les impératifs d’identification dans l’espace public avec le respect des droits et libertés fondamentaux.

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