Après Meta, TikTok s’engage à renforcer la protection des mineurs dans le cadre d’un accord conclu avec l’État américain de l’Alabama. Limitation du temps d’écran, déconnexion nocturne et suspension des notifications pendant les cours figurent parmi les nouvelles mesures.
Washington, le 26 septembre 2026. TikTok a accepté de fixer par défaut à deux heures par jour le temps d’utilisation de son application pour les adolescents âgés de 13 à 17 ans, à la suite d’un accord conclu avec l’État de l’Alabama. Cette décision intervient après un engagement comparable pris par Meta, propriétaire d’Instagram, alors que les grandes plateformes font face à une multiplication des poursuites judiciaires aux États-Unis.
L’accord a été annoncé vendredi par le procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, à trois jours de l’ouverture du premier procès intenté par un État contre TikTok. La plateforme versera 116,2 millions de dollars, dont 100 millions au titre des réparations. Le montant total pourrait approcher les 300 millions de dollars si d’autres États concluent des accords similaires.
TikTok n’admet aucune responsabilité dans le cadre de ce règlement.
Des restrictions renforcées pour les 13-17 ans
Les nouvelles dispositions prévoient un plafond quotidien de deux heures, activé par défaut, ainsi qu’une interruption de l’accès à l’application entre minuit et six heures du matin. Les notifications seront également suspendues pendant les heures de classe.
La plateforme devra améliorer ses dispositifs de vérification de l’âge, interdire les filtres esthétiques aux adolescents et leur proposer un fil de contenus non personnalisé.
Des mesures plus strictes, notamment une déconnexion nocturne de 22 heures à 7 heures, sont également envisagées. Leur entrée en vigueur dépendra toutefois de l’adoption d’engagements équivalents par Meta, Snap et YouTube dans l’Alabama.
La pression judiciaire s’accentue
Pour Steve Marshall, cet accord constitue une avancée pour les parents, qui disposeront de davantage de moyens pour contrôler le temps passé par leurs enfants sur l’application et les contenus auxquels ils sont exposés.
Aux États-Unis, les grandes entreprises de réseaux sociaux sont visées par de nombreuses actions en justice engagées par des familles, des établissements scolaires et des États. Les plaignants les accusent notamment de concevoir des applications susceptibles de favoriser des comportements addictifs et de nuire à la santé mentale des jeunes.
En avril 2025, l’Alabama avait poursuivi TikTok et ByteDance, accusant l’application de fonctionner comme une machine à sous sophistiquée destinée à retenir l’attention des adolescents. L’État avait ensuite mis l’accent sur les accusations de communication trompeuse concernant l’efficacité des dispositifs de protection des mineurs.
Vers des règles communes aux grandes plateformes ?
TikTok affirme avoir toujours donné la priorité à la création d’un environnement sûr et positif, permettant aux utilisateurs de développer leur créativité et de communiquer avec leur communauté. Un porte-parole a réaffirmé la volonté de l’entreprise d’améliorer continuellement ses outils de sécurité.
La plateforme avait déjà conclu plusieurs règlements amiables, notamment avec un district scolaire du Kentucky pour huit millions de dollars. Fin août, elle avait également accepté de verser jusqu’à 400 millions de dollars pour mettre un terme à des procédures fédérales concernant la collecte présumée illégale de données de mineurs.
Plus d’une douzaine d’États américains, dont la Californie et New York, poursuivent néanmoins leurs actions judiciaires contre TikTok.
L’accord conclu en Alabama pourrait désormais servir de modèle à d’autres États et accélérer l’émergence de règles communes encadrant l’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents.