Téhéran refuse de revenir sur ses exigences concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, malgré le rejet par Donald Trump de son plan de règlement. Tout en maintenant ses conditions, notamment la levée du blocus américain et des sanctions pétrolières, la République islamique affirme rester ouverte à une solution diplomatique.
L’Iran a réaffirmé, dimanche 27 septembre, que toute réouverture du détroit d’Ormuz demeurait subordonnée au respect de ses conditions. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a assuré que Téhéran ne céderait pas sur ses exigences, tout en maintenant la possibilité de négociations avec Washington.
Présentée vendredi aux États-Unis, la proposition iranienne prévoit un rétablissement de la navigation dans un délai de sept jours après son acceptation. Elle comprend notamment la cessation des hostilités au Moyen-Orient, la levée du blocus naval américain, la suppression des sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes et le déblocage d’avoirs gelés estimés à au moins 12 milliards de dollars.
Donald Trump a publiquement rejeté cette initiative, affirmant que les dirigeants iraniens cherchaient un accord en raison de leurs difficultés militaires. Le président américain avait auparavant publié sur Truth Social une carte rebaptisant le détroit d’Ormuz « détroit Trump ».
Malgré ce refus, Téhéran indique attendre une réponse officielle transmise par les médiateurs avant de prendre une nouvelle décision. Le chef de la diplomatie iranienne a insisté sur le fait que son pays n’avait jamais fermé la porte au dialogue, sans pour autant renoncer à ses droits.
Une crise qui menace la sécurité énergétique mondiale
Passage stratégique par lequel transitait environ un cinquième du pétrole mondial avant le conflit, le détroit d’Ormuz se trouve au cœur de la confrontation opposant les États-Unis et Israël à l’Iran depuis la fin du mois de février.
Un protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran prévoyait la fin des hostilités, la réouverture du détroit et la reprise des discussions sur le programme nucléaire iranien. Il s’est toutefois effondré en raison de désaccords persistants concernant la navigation maritime.
Les tensions s’étendent désormais à d’autres voies commerciales essentielles, notamment le détroit de Bab el-Mandeb, affecté par la reprise des combats au Yémen. L’Arabie saoudite a ainsi appelé, devant l’Assemblée générale des Nations unies, à garantir la liberté de navigation dans le Golfe et en mer Rouge.
Dans ce contexte, la réouverture d’Ormuz demeure un enjeu diplomatique et économique majeur. Son issue dépendra des concessions que Washington et Téhéran seront disposés à envisager pour sortir de l’impasse actuelle.