L’autorité américaine de l’aviation civile examine une anomalie susceptible de désactiver une fonction de navigation automatique lors d’une remise des gaz. Boeing prépare un correctif, tandis que deux grandes compagnies aériennes refusent de réceptionner de nouveaux appareils équipés du logiciel concerné.
Boeing fait face à une nouvelle difficulté dans son programme 737 MAX. L’avionneur américain a reconnu l’existence d’un défaut logiciel pouvant, dans certaines circonstances, désactiver le système de navigation verticale automatique lors d’une approche interrompue. La Federal Aviation Administration (FAA) a annoncé un examen du problème afin d’en évaluer les éventuelles conséquences sur la sécurité des vols.
L’anomalie peut survenir lorsque les pilotes interrompent une approche de précision effectuée sous pilote automatique, puis modifient la trajectoire préalablement programmée. Le système de navigation verticale, appelé VNAV, risque alors de se déconnecter, obligeant l’équipage à gérer la trajectoire à l’aide d’autres modes de pilotage.
Boeing souligne que le pilote automatique reste opérationnel et que les procédures existantes permettent aux équipages de maîtriser la situation. Cette défaillance peut néanmoins accroître leur charge de travail à un moment particulièrement exigeant du vol.
Une anomalie signalée dès 2024
Le constructeur avait été informé du problème par une compagnie aérienne en novembre 2024. Après une première évaluation, il avait estimé, en février 2025, que l’anomalie ne constituait pas un risque pour la sécurité. De nouvelles informations transmises par les exploitants ont toutefois conduit Boeing à engager une analyse approfondie, dont les conclusions ont été communiquées à la FAA en septembre.
Le défaut concerne les versions 14 et 14.1 du logiciel de gestion de vol, utilisées dans les programmes des 737 MAX 7 et MAX 10. Boeing avait averti les compagnies en août et cherche désormais à accélérer la mise au point d’un correctif permanent, initialement prévu pour 2028.
Des livraisons et une certification sous pression
Southwest Airlines et United Airlines ont fait savoir qu’elles n’accepteraient pas de nouveaux appareils équipés des versions logicielles concernées, préférant une version antérieure. Alaska Airlines, American Airlines, Southwest et United assurent, de leur côté, que leurs flottes de 737 MAX actuellement en service n’utilisent pas ces logiciels.
Cette nouvelle difficulté intervient à une étape importante pour Boeing. Le MAX 7 a obtenu sa certification en août, tandis que le MAX 10 approche de la fin d’un processus d’homologation marqué par plusieurs années de retard. L’examen engagé par la FAA pourrait avoir des répercussions sur les premières livraisons de ces deux modèles.
L’autorité américaine réunira un comité chargé d’évaluer les mesures correctives nécessaires et assure qu’elle interviendra immédiatement si un risque pour la sécurité est identifié. Aucune immobilisation des appareils concernés n’a été ordonnée à ce stade.