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Brésil : après sa défaite électorale, Flávio Bolsonaro justifie sa fuite aux États-Unis par des « persécutions »

31 octobre 2026 - 09:18

Le candidat conservateur battu par Luiz Inácio Lula da Silva affirme avoir quitté le Brésil pour échapper à des persécutions politiques. Installé aux États-Unis, le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro conteste le résultat de l’élection et met en cause la justice brésilienne, qui enquête sur plusieurs affaires financières le concernant.

Flávio Bolsonaro, candidat défait à l’élection présidentielle brésilienne du 25 octobre, a déclaré avoir quitté son pays pour les États-Unis en raison de ce qu’il qualifie de « persécutions » politiques et judiciaires.

Dans une intervention diffusée sur Instagram, vendredi 30 octobre, le sénateur conservateur de 45 ans a expliqué sa décision de partir précipitamment du Brésil, quelques jours seulement après sa défaite face au président sortant Luiz Inácio Lula da Silva.

« Les persécutions ont commencé encore plus tôt que je ne l’imaginais », a-t-il affirmé.

Un départ discret après la défaite présidentielle

Flávio Bolsonaro a quitté le Brésil mardi 27 octobre, accompagné de son épouse et de ses deux filles.

Après avoir transité par l’Argentine et l’Équateur, il est arrivé mercredi à Miami, en Floride, à bord d’un avion privé.

Son départ est intervenu alors que la justice brésilienne avait ordonné la remise de ses passeports dans le cadre d’enquêtes portant notamment sur des soupçons de blanchiment d’argent et d’autres irrégularités financières.

Le candidat battu conteste les accusations dont il fait l’objet et soutient que les procédures judiciaires sont utilisées pour l’écarter de la vie politique.

La justice brésilienne directement mise en cause

Dans son intervention, Flávio Bolsonaro a notamment accusé le juge Alexandre de Moraes, membre de la Cour suprême, d’avoir formulé de fausses accusations contre lui.

Il a également raconté avoir rendu visite à son père, l’ancien président Jair Bolsonaro, avant de décider de quitter le territoire brésilien.

Selon son récit, cette rencontre aurait renforcé sa conviction qu’il risquait de faire l’objet de nouvelles mesures judiciaires.

Ces déclarations constituent toutefois la version du sénateur. Elles ne démontrent pas, à elles seules, l’existence d’une persécution politique.

Le résultat de l’élection contesté sans preuves

Flávio Bolsonaro refuse également de reconnaître pleinement sa défaite face à Lula.

Le président sortant a remporté le second tour avec environ 51,8 % des suffrages, obtenant ainsi un quatrième mandat présidentiel.

Le candidat conservateur a évoqué de prétendues irrégularités électorales, sans présenter d’éléments probants permettant d’étayer ses accusations.

Des missions internationales d’observation n’ont pas relevé d’irrégularités susceptibles de remettre en cause le résultat du scrutin.

Des tensions diplomatiques avec l’Argentine

Le départ de Flávio Bolsonaro a également provoqué une controverse diplomatique.

Selon des sources diplomatiques brésiliennes, un représentant de l’Argentine a été convoqué pour fournir des explications sur le passage du candidat conservateur par le territoire argentin.

Buenos Aires a toutefois contesté cette version.

Le président argentin Javier Milei, politiquement proche de la famille Bolsonaro, est soupçonné par certains responsables brésiliens d’avoir facilité son départ.

Le rôle exact des autorités argentines reste néanmoins à établir.

Washington accueille Bolsonaro, sans reconnaître ses prétentions

L’administration du président américain Donald Trump a accordé des visas à Flávio Bolsonaro et aux membres de sa famille.

Cette décision a alimenté les interrogations sur les relations entre Washington et Brasília.

Toutefois, Donald Trump n’a pas reconnu les prétentions du candidat conservateur à la présidence brésilienne.

Depuis les États-Unis, Flávio Bolsonaro affirme vouloir poursuivre son engagement politique et envisage même de se présenter de nouveau à la présidence avant l’échéance électorale normalement prévue en 2030.

La fuite de Flávio Bolsonaro ouvre ainsi une nouvelle phase de tensions politiques et diplomatiques. Au-delà de ses accusations de persécution, l’affaire pose la question du respect des décisions judiciaires, de la reconnaissance des résultats électoraux et des relations du Brésil avec ses partenaires américains.

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