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Maroc : les banques confrontées à un besoin de liquidités de plus en plus important

31 octobre 2026 - 09:33

Le déficit moyen de liquidité du système bancaire marocain a atteint 158,2 milliards de dirhams entre le 22 et le 28 octobre 2026, en hausse de 4,74 % sur une semaine. Cette évolution intervient alors que Bank Al-Maghrib ajuste ses interventions sur le marché monétaire pour préserver la stabilité des conditions de financement.

Les tensions sur la liquidité bancaire se sont accentuées au Maroc durant la dernière semaine d’octobre. Selon les données publiées par BMCE Capital Global Research (BKGR), le déficit moyen de liquidité des banques s’est établi à 158,2 milliards de dirhams (MMDH) entre le 22 et le 28 octobre 2026, enregistrant une augmentation hebdomadaire de 4,74 %.

Cette progression traduit un besoin accru de refinancement du système bancaire, dans un contexte où les établissements de crédit doivent assurer le financement de leurs activités tout en respectant leurs obligations de liquidité.

Elle ne signifie toutefois pas que les banques marocaines sont en situation d’insolvabilité. Le déficit de liquidité désigne ici un besoin de ressources monétaires que les établissements couvrent notamment grâce aux interventions de la banque centrale.

Bank Al-Maghrib ajuste ses injections de liquidités

D’après la dernière note Fixed Income Weekly de BKGR, les avances à sept jours accordées par Bank Al-Maghrib ont diminué de 1,2 milliard de dirhams pour atteindre 50,6 milliards durant la période étudiée.

Ces opérations constituent l’un des principaux instruments utilisés par la banque centrale pour alimenter le marché monétaire et permettre aux établissements bancaires de couvrir leurs besoins de financement à court terme.

Le recul de ces avances intervient alors même que le déficit global de liquidité s’accentue, ce qui souligne l’importance de distinguer le besoin total du système bancaire des montants injectés au moyen d’un instrument particulier.

Bank Al-Maghrib dispose, en effet, de plusieurs mécanismes de refinancement dont les maturités et les modalités peuvent varier.

Les placements du Trésor reculent sensiblement

Autre évolution notable : la diminution des placements du Trésor sur le marché monétaire.

Leur encours quotidien maximal est passé de 24,5 milliards de dirhams la semaine précédente à 11,4 milliards durant la période du 22 au 28 octobre.

Cette baisse représente une contraction de 13,1 milliards de dirhams du niveau maximal observé.

Les placements du Trésor constituent une source de liquidité pour les contreparties qui en bénéficient. Leur diminution peut donc contribuer à réduire les ressources disponibles sur le marché, même si son incidence exacte dépend des montants effectivement placés chaque jour et des autres flux monétaires.

Ces données illustrent les interactions entre la gestion de trésorerie de l’État, les besoins des banques et les interventions de Bank Al-Maghrib.

Des taux monétaires qui restent maîtrisés

Malgré l’aggravation du déficit de liquidité, les indicateurs des taux à court terme ne montrent pas de hausse généralisée durant la semaine étudiée.

Le taux moyen pondéré (TMP) des transactions interbancaires est resté stable à 2,25 %.

De son côté, le MONIA (Moroccan Overnight Index Average), indice de référence calculé à partir des opérations de pension livrée au jour le jour garanties par des bons du Trésor, a légèrement reculé pour s’établir à 2,171 %.

Cette stabilité relative des conditions monétaires suggère que les mécanismes de refinancement continuent de jouer leur rôle dans le fonctionnement du marché.

Il serait cependant prématuré d’en déduire que l’ensemble des conditions de crédit aux entreprises et aux ménages demeure inchangé. Les taux appliqués à la clientèle bancaire dépendent également d’autres facteurs, notamment du coût des ressources, des risques de crédit et des politiques commerciales des établissements.

De nouvelles injections attendues de la banque centrale

Pour la période suivante, les analystes de BKGR anticipent une augmentation des interventions de Bank Al-Maghrib.

Le volume des avances à sept jours devrait ainsi être porté à 53 milliards de dirhams, contre 50,6 milliards lors de la période précédente.

Cette hausse attendue de 2,4 milliards de dirhams viserait à accompagner les besoins de financement des banques et à maintenir des conditions de liquidité compatibles avec le bon fonctionnement du marché monétaire.

Il s’agit toutefois d’une prévision rapportée par BKGR, et non d’une décision définitive de la banque centrale dans les informations disponibles.

Quels enjeux pour le financement de l’économie marocaine ?

La liquidité bancaire constitue un indicateur important de la capacité du système financier à assurer la circulation des fonds et à accompagner l’activité économique.

Lorsque les besoins de refinancement augmentent, les banques peuvent devenir davantage dépendantes des opérations de la banque centrale ou d’autres sources de financement.

Une telle situation ne provoque pas automatiquement un ralentissement du crédit, mais elle peut accroître la sensibilité du secteur bancaire aux conditions du marché monétaire.

Pour l’économie marocaine, l’enjeu consiste donc à maintenir un équilibre entre les besoins de liquidité des établissements, la stabilité des taux à court terme et la disponibilité du financement destiné aux entreprises et aux ménages.

Avec un déficit de 158,2 milliards de dirhams, le système bancaire marocain confirme l’ampleur de ses besoins de refinancement. La stabilité du taux interbancaire à 2,25 % montre néanmoins que cette tension quantitative ne s’est pas traduite, durant la semaine observée, par une hausse du principal taux monétaire suivi par les analystes.

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