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Maroc : le déficit budgétaire dépasse 30 milliards de dirhams à fin mai 2026

27 juin 2026 - 10:03

Le déficit budgétaire du Maroc s’est établi à 30,1 milliards de dirhams à la fin du mois de mai 2026, contre 26,7 milliards de dirhams à la même période de l’année précédente, selon la dernière situation des charges et ressources du Trésor publiée par le ministère de l’Économie et des Finances.

Cette dégradation du solde budgétaire s’explique par une progression des dépenses publiques plus rapide que celle des recettes. Les dépenses ont augmenté de 16,6 milliards de dirhams, tandis que les recettes ont progressé de 13,3 milliards de dirhams par rapport à fin mai 2025.

Les recettes ordinaires nettes, après déduction des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscales, ont atteint un taux de réalisation de 39,6 % des prévisions de la Loi de finances 2026, en hausse de 8,4 % sur un an.

Les recettes fiscales demeurent le principal moteur des finances publiques. Elles affichent un taux d’exécution de 42,5 % et une progression de 11,6 milliards de dirhams, soit 8 % de plus qu’à la même période en 2025. Parallèlement, les remboursements et exonérations fiscales ont augmenté de 2,4 milliards de dirhams, atteignant 13,7 milliards.

Du côté des dépenses, les charges ordinaires se sont élevées à 172,1 milliards de dirhams, représentant 45,4 % des crédits prévus par la Loi de finances. Cette hausse est principalement imputable à l’augmentation des dépenses de biens et services (+16,2 milliards de dirhams) ainsi qu’à la progression des intérêts de la dette (+2 milliards de dirhams). En revanche, les dépenses de compensation sont restées quasiment stables, à 9,1 milliards de dirhams.

Conséquence de cette évolution, le solde ordinaire est devenu déficitaire, affichant un déficit de 679 millions de dirhams, alors qu’il présentait encore un excédent de 4,3 milliards un an auparavant.

L’investissement public poursuit néanmoins sa progression. Les dépenses d’investissement ont augmenté de 17 % pour atteindre 51,1 milliards de dirhams, soit un taux d’exécution de 44,5 % des crédits inscrits au budget 2026.

Le ministère relève également la bonne performance des comptes spéciaux du Trésor, qui dégagent un excédent de 21,7 milliards de dirhams, contre 12,7 milliards à fin mai 2025.

La situation des charges et ressources du Trésor constitue un indicateur de référence pour le suivi de l’exécution de la Loi de finances. Contrairement aux documents à vocation essentiellement comptable élaborés par la Trésorerie générale du Royaume, elle repose sur les normes internationales des statistiques des finances publiques et retrace les flux économiques relatifs aux recettes, aux dépenses ordinaires, aux investissements, au déficit budgétaire ainsi qu’aux besoins de financement de l’État.

Malgré une progression soutenue des recettes fiscales, l’accélération des dépenses publiques continue ainsi de peser sur l’équilibre budgétaire du Royaume, dans un contexte marqué par le maintien des investissements publics et l’augmentation du coût du service de la dette.

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