À l’approche de la rentrée scolaire, la tension monte autour du marché des manuels et fournitures scolaires. La Ligue des libraires du Maroc alerte sur la multiplication des formes de vente anarchique et non organisée, estimant que ces pratiques créent une concurrence déséquilibrée au détriment des librairies professionnelles, soumises à des obligations légales, fiscales et commerciales.
Dans un communiqué publié lundi 31 août 2026, la Ligue souligne que le débat récurrent sur les prix et la disponibilité des manuels scolaires ne doit pas faire porter à l’ensemble des libraires la responsabilité de pratiques qui échappent au cadre organisé de la profession.
Selon l’organisation, les librairies professionnelles vendent les manuels scolaires à l’unité et respectent la liberté des familles dans le choix et l’achat des livres, cahiers et fournitures dont elles ont réellement besoin. Elle précise toutefois que le libraire n’est pas tenu de fournir un manuel qui n’est pas disponible dans son établissement.
Pour la Ligue, le cœur du problème réside surtout dans les circuits parallèles de vente, qu’il s’agisse de commerces non spécialisés, d’activités saisonnières ou de vente ambulante. Ces pratiques, selon elle, fragilisent les règles de concurrence, notamment lorsque certains intervenants proposent des fournitures scolaires à des prix inférieurs à leur valeur réelle.
L’organisation affirme également que plusieurs libraires professionnels ont renoncé à acquérir certains manuels lorsque leur commercialisation ne leur garantit aucun minimum de rentabilité. Elle estime que la suppression ou la réduction de la marge bénéficiaire fragilise la viabilité économique des librairies, particulièrement au moment où la rentrée scolaire représente une période décisive pour leur activité.
La Ligue insiste toutefois sur un point sensible : la résolution de ces déséquilibres ne doit pas se faire au détriment du citoyen. Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat des ménages, l’enjeu consiste, selon elle, à organiser le marché sans alourdir davantage les charges supportées par les familles.
Les libraires dénoncent également l’entrée d’acteurs extérieurs à la profession dans le marché des fournitures scolaires, à travers certains commerces ou la vente informelle. Ils estiment que cette situation aggrave la concurrence non équitable, en raison d’un contrôle jugé insuffisant et d’un manque de réaction face à certaines pratiques.
Pour faire face à ces dérives, la Ligue rappelle avoir déjà saisi le ministère de l’Intérieur au sujet de la vente anarchique. Elle indique aussi avoir adressé des correspondances au ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports concernant la suppression de la marge bénéficiaire des libraires dans le cahier des charges.
Selon la Ligue, cette suppression permet à certains éditeurs de vendre les manuels à leur prix initial, ce qui favoriserait l’émergence d’un marché parallèle. Celui-ci pourrait prendre plusieurs formes : vente de livres à des prix supérieurs au tarif officiel ou obligation faite aux familles d’acheter les manuels avec d’autres fournitures scolaires.
À travers cette alerte, les libraires appellent à recentrer le débat sur la régulation du marché, la transparence des circuits de vente et le respect des règles de concurrence. Pour eux, les librairies exerçant dans un cadre légal ne doivent pas être tenues responsables de dysfonctionnements qui relèvent d’un marché parallèle insuffisamment encadré.