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Législatives du 23 septembre : l’OMDH appelle à un vote libre, conscient et responsable

11 septembre 2026 - 09:26

L’Organisation marocaine des droits humains estime que les élections ne doivent pas se limiter au renouvellement périodique des institutions. Elle appelle les citoyens à participer, tout en exigeant des partis une compétition loyale, exempte de pressions, de discours de haine et d’exploitation de la vulnérabilité sociale.

À moins de deux semaines des élections législatives du 23 septembre, l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) appelle les citoyennes et les citoyens à participer au scrutin de manière « consciente et responsable ».

Dans un communiqué publié à l’occasion du lancement de la campagne électorale, l’organisation souligne qu’une élection ne saurait être considérée comme une simple opération technique ou un rendez-vous saisonnier destiné à renouveler la Chambre des représentants.

Elle doit, au contraire, constituer un instrument de consolidation démocratique, de protection des droits humains et de participation effective des citoyens à la gestion des affaires publiques.

Pour l’OMDH, la portée du scrutin tient à son lien direct avec le renforcement de l’État de droit, la protection des libertés individuelles et collectives, la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que le droit d’adhérer à une formation politique et de participer à une compétition électorale ouverte.

Participer, mais dans quelles conditions ?

L’appel de l’organisation ne se limite pas à encourager le déplacement vers les bureaux de vote. Une participation importante perdrait une partie de sa signification démocratique si la liberté de choix était altérée par des pressions, des pratiques illégales ou l’utilisation de l’argent.

L’OMDH insiste donc sur la nécessité de garantir l’intégrité de l’ensemble du processus et de prévenir toute irrégularité susceptible d’influencer les électeurs ou de fausser l’égalité entre les candidats.

Elle met notamment en garde contre l’exploitation de la précarité économique et sociale à des fins électorales. Cette pratique transforme la vulnérabilité des citoyens en moyen de captation des voix et affaiblit la légitimité des institutions issues des urnes.

La responsabilité ne repose pas uniquement sur les électeurs. Les partis sont appelés à respecter le pluralisme, le droit à la différence et les règles d’une concurrence démocratique loyale. L’organisation les exhorte également à bannir les discours de haine, l’incitation et la désinformation de leurs campagnes.

Des programmes répondant aux attentes sociales

L’OMDH invite les citoyens à faire de leur vote un moyen de contribuer à la formation d’une institution législative capable de protéger les droits économiques et sociaux.

Dans un contexte marqué par les préoccupations liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la santé, à l’éducation et aux disparités territoriales, les élections doivent permettre de confronter des programmes et des engagements concrets, plutôt que de se réduire à une compétition de slogans ou de personnes.

L’organisation demande aussi aux futurs députés de poursuivre l’harmonisation de la législation nationale avec les engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains.

Elle rappelle, par ailleurs, que le Parlement ne se limite pas à voter les lois. Il doit contrôler l’action de l’exécutif, évaluer les politiques publiques et veiller au respect du principe de séparation des pouvoirs.

Le scrutin renouvellera les 395 sièges de la Chambre des représentants. Au total, 7 288 candidatures ont été déposées. La crédibilité de cette compétition dépendra cependant autant du taux de participation que de la qualité du débat public et du respect effectif des règles électorales.

Plus de 3 000 observateurs représentant 26 associations et institutions nationales ainsi que 30 organisations internationales ont été mobilisés pour suivre le scrutin.

L’appel de l’OMDH pose ainsi une exigence double : inviter les citoyens à exercer leur droit de vote et demander aux partis de leur offrir les conditions d’un choix libre, éclairé et utile. La participation ne prend tout son sens que lorsqu’elle permet de demander des comptes, de comparer des projets et de peser réellement sur les décisions publiques.

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