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Brexit : Andy Burnham brise un tabou et rouvre le débat sur la libre circulation avec l'Union européenne

26 octobre 2026 - 11:23

Le Premier ministre britannique appelle à une discussion « franche et fondée sur les faits » sur le rétablissement éventuel de la libre circulation entre le Royaume-Uni et l’UE. Une ouverture politique qui remet en question les lignes rouges du Parti travailliste et provoque une vive réaction des défenseurs du Brexit.

Dix ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni pourrait-il reconsidérer l’un des principaux fondements de sa rupture avec l’Union européenne ?

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a relancé cette question en se déclarant favorable à un débat ouvert sur un éventuel rétablissement de la libre circulation des personnes entre son pays et les États membres de l’UE.

Dans un entretien accordé au Sunday Times, le chef du gouvernement travailliste a plaidé pour une discussion reposant sur des données objectives, estimant que la nature des flux migratoires avait sensiblement évolué depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Sans annoncer de changement de politique immédiat, il a refusé d’exclure définitivement la libre circulation des différentes options envisageables pour redéfinir les relations avec Bruxelles.

La libre circulation, au cœur de l’héritage du Brexit

La question migratoire avait occupé une place centrale dans la campagne référendaire de 2016.

La fin de la libre circulation constituait alors l’une des principales revendications des partisans de la sortie de l’Union européenne, au nom de la reprise du contrôle des frontières et de la politique migratoire.

Andy Burnham propose aujourd’hui de réexaminer ce choix à la lumière des évolutions observées depuis le Brexit.

Selon lui, une partie importante de l’immigration européenne reposait auparavant sur une mobilité temporaire : des ressortissants de l’UE venaient travailler quelques années au Royaume-Uni avant de retourner dans leur pays d’origine.

Le Premier ministre estime que cette circulation présentait également des avantages pour les Britanniques, notamment les jeunes souhaitant acquérir une expérience professionnelle ou personnelle sur le continent.

Les lignes rouges travaillistes remises en question

Cette ouverture marque une inflexion notable par rapport aux engagements électoraux du Parti travailliste.

Son programme de 2024 excluait explicitement un retour à la libre circulation, au marché unique et à l’union douanière européenne.

Arrivé à Downing Street cette année après le départ de Keir Starmer, Andy Burnham avait initialement maintenu ces engagements.

Il envisage désormais un éventail plus large de scénarios pour rapprocher le Royaume-Uni de l’Union européenne, sans écarter une réflexion de long terme sur une possible réadhésion.

Le chef du gouvernement a toutefois pris soin de fixer certaines limites.

Il ne souhaite pas recommander l’entrée du Royaume-Uni dans l’espace Schengen ni l’abandon de la livre sterling au profit de l’euro.

Surtout, aucune décision n’a encore été prise sur le rétablissement de la libre circulation.

Farage et les conservateurs dénoncent un reniement

Les déclarations du Premier ministre ont immédiatement suscité la colère des formations eurosceptiques.

Nigel Farage, chef de Reform UK, y voit une remise en cause de la volonté exprimée par les électeurs lors du référendum de 2016.

Les conservateurs ont également rejeté toute perspective de retour à la libre circulation, estimant qu’une telle mesure reviendrait à abandonner un acquis essentiel du Brexit.

Le débat révèle ainsi la persistance des divisions britanniques sur la souveraineté, l’immigration et la place du pays dans l’espace économique européen.

Le sommet de novembre en toile de fond

Cette prise de position intervient à l’approche du sommet Royaume-Uni–Union européenne prévu le 20 novembre à Bruxelles.

Les discussions devraient notamment porter sur les échanges agroalimentaires, la mobilité des jeunes et la coopération dans le domaine des émissions de carbone.

Andy Burnham souhaite profiter de cette échéance pour présenter aux Britanniques différentes options concernant l’avenir des relations avec l’Union européenne.

Mais un changement fondamental de politique pourrait nécessiter un nouveau mandat électoral, compte tenu des engagements pris par les travaillistes lors des dernières élections générales.

Vers une nouvelle relation avec l’Europe ?

La portée des déclarations du Premier ministre réside moins dans l’annonce d’une mesure immédiate que dans la réouverture d’un débat longtemps considéré comme politiquement clos.

La question de la libre circulation renvoie désormais à des enjeux plus larges : besoins de main-d’œuvre, mobilité des jeunes, compétitivité économique et place du Royaume-Uni sur le continent européen.

Dix ans après le vote du Brexit, Londres n’a pas décidé de revenir à la libre circulation. Mais son Premier ministre estime désormais que cette possibilité mérite d’être examinée plutôt que rejetée d’emblée.

Une évolution qui pourrait peser sur les négociations avec Bruxelles et sur les futurs équilibres de la politique britannique.

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