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Divorce au Maroc : la discorde conjugale représente 97,82 % des procédures judiciaires en 2025

27 octobre 2026 - 08:35

Le divorce judiciaire pour discorde, connu sous le nom de « chiqaq », domine très largement les demandes de dissolution du mariage au Maroc. Selon le rapport annuel 2025 du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, cette procédure représente 110 454 dossiers sur 112 911 affaires de divorce judiciaire enregistrées. Une prédominance qui confirme l’évolution des pratiques devant les tribunaux de la famille.

Le divorce judiciaire pour discorde conjugale s’impose comme la principale voie de dissolution du mariage devant les tribunaux marocains. Selon le rapport annuel 2025 du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), publié au Bulletin officiel, les juridictions ont enregistré 110 454 affaires de « chiqaq », soit 97,82 % de l’ensemble des procédures de divorce judiciaire (tatliq).

Cette proportion, déjà élevée les années précédentes, continue de progresser. Elle atteignait 96,89 % en 2023 et 97,42 % en 2024. Ces statistiques témoignent d’une concentration croissante des demandes autour d’une procédure qui permet de saisir la justice lorsque les différends conjugaux rendent difficile la poursuite de la vie commune.

Une hausse des demandes après le recul de 2024

Les affaires de divorce judiciaire ont augmenté de 4,86 % en 2025, passant de 107 681 dossiers en 2024 à 112 911. Cette progression intervient après une année de repli, puisque 111 140 affaires avaient été enregistrées en 2023.

La hausse concerne particulièrement les demandes fondées sur la discorde conjugale. Leur nombre est passé de 104 898 en 2024 à 110 454 en 2025, soit 5 556 dossiers supplémentaires en un an.

Ces données portent sur les affaires introduites devant les tribunaux, et non sur le nombre définitif de mariages dissous au cours de l’année. Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement les statistiques judiciaires.

Pourquoi le « chiqaq » domine-t-il ?

Prévue par le Code marocain de la famille, la procédure de divorce pour discorde permet à l’un ou l’autre des époux de saisir le tribunal lorsqu’un conflit compromet la continuité de la relation conjugale.

Elle se distingue d’autres procédures fondées sur des motifs précis, comme le préjudice subi, l’absence prolongée du conjoint, le défaut d’entretien ou le non-respect d’une condition inscrite dans l’acte de mariage.

Sa portée relativement large et sa souplesse procédurale contribuent à expliquer sa prédominance dans les affaires enregistrées.

Le rapport montre que les autres catégories demeurent très minoritaires. Ensemble, elles représentent à peine plus de 2 % des demandes de divorce judiciaire, confirmant la place centrale du « chiqaq » dans le contentieux familial.

Plus de 154 000 affaires de rupture du mariage

Pour mesurer l’ensemble du phénomène, il convient de distinguer le divorce judiciaire (tatliq) du divorce (talaq), deux catégories comptabilisées séparément par les juridictions marocaines.

En 2025, les tribunaux ont enregistré 154 377 affaires relevant de ces deux catégories, contre 147 895 en 2024, soit une progression globale de 4,38 %.

Les procédures de divorce judiciaire représentaient 112 911 dossiers, soit 73,1 % du total. Les 41 466 autres affaires relevaient du divorce, catégorie largement dominée par le consentement mutuel.

Ainsi, le taux de 97,82 % ne concerne pas l’ensemble des ruptures matrimoniales, mais uniquement les demandes de divorce judiciaire.

Une activité accrue dans les tribunaux de la famille

L’augmentation des nouvelles affaires s’accompagne d’une intensification du travail des juridictions.

Pour le seul divorce judiciaire, le nombre de dossiers traités et ayant donné lieu à une décision est passé de 109 492 en 2024 à 116 983 en 2025, contre 113 518 en 2023.

Le volume des affaires en cours a également progressé, atteignant 137 490 dossiers en 2025, après 134 683 en 2024.

En incluant les deux catégories de divorce, les juridictions ont statué sur 159 815 affaires en 2025, contre 150 263 l’année précédente.

Ces chiffres montrent une activité judiciaire soutenue, mais ne permettent pas, à eux seuls, d’évaluer la durée des procédures ou les conditions dans lesquelles les séparations sont prononcées.

Un indicateur des évolutions familiales

La prédominance du divorce pour discorde soulève des questions sur l’évolution des relations conjugales et le recours aux mécanismes judiciaires de résolution des conflits.

Toutefois, les statistiques du CSPJ ne permettent pas de déterminer les causes personnelles, économiques ou sociales des séparations. Elles renseignent avant tout sur les procédures choisies et sur le fonctionnement des juridictions.

Elles rappellent également l’importance des dispositifs de conciliation, de l’accompagnement des familles et de la protection des droits des enfants lorsque la séparation devient inévitable.

Avec près de 98 % des demandes de divorce judiciaire fondées sur la discorde conjugale, le « chiqaq » apparaît désormais comme la procédure dominante devant les tribunaux marocains. Au-delà de son poids statistique, cette évolution invite à s’interroger sur les moyens d’accompagner les familles et de garantir une justice adaptée aux réalités sociales.

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