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Ébola en RDC : plus de 5 000 morts, l'épidémie s'étend à huit provinces

31 octobre 2026 - 12:30

Avec 5 026 décès et plus de 10 000 contaminations signalés depuis mai, la République démocratique du Congo fait face à une grave crise sanitaire. L’Union africaine et l’Organisation mondiale de la santé appellent à une mobilisation coordonnée pour contenir la propagation du virus.

La République démocratique du Congo (RDC) connaît une aggravation de l’épidémie d’Ébola déclarée le 15 mai dernier dans l’est du pays. Selon le dernier bilan attribué à l’Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 29 octobre et rapporté par l’agence EFE, 5 026 personnes sont décédées sur 10 351 cas confirmés, soit un taux de létalité de 48,6 %.

Les autorités sanitaires font également état de 2 788 guérisons, tandis que 1 101 patients restent hospitalisés ou placés en isolement. Le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades atteint 84,5 %, un indicateur important pour interrompre les chaînes de transmission.

Une propagation qui complique la riposte

Initialement concentrée dans les provinces orientales, l’épidémie touche désormais 67 zones de santé réparties dans huit des 26 provinces congolaises.

Le Nord-Kivu et l’Ituri demeurent les territoires les plus affectés, concentrant respectivement 58,4 % et 36,4 % des nouveaux cas recensés. La maladie est également signalée au Sud-Kivu, dans la Tshopo, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, le Nord-Ubangi et le Sud-Ubangi.

Cette extension géographique complique la surveillance sanitaire, particulièrement dans les régions confrontées à des difficultés d’accès aux soins et aux infrastructures médicales.

Les autorités insistent sur la nécessité de renforcer le dépistage précoce, le suivi des contacts et les inhumations dignes et sécurisées, afin de réduire les risques de nouvelles contaminations.

L’Union africaine et l’OMS tirent la sonnette d’alarme

Face à la gravité de la situation, l’agence sanitaire de l’Union africaine et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont appelé mercredi à une action urgente et coordonnée.

Lors d’une réunion virtuelle avec des responsables africains de la santé, les deux organisations ont averti, selon EFE, que l’épidémie n’était pas encore maîtrisée.

La mobilisation des équipes médicales, la disponibilité des équipements de protection et la coopération entre pays voisins constituent des éléments essentiels pour contenir la maladie.

Si les chiffres annoncés sont confirmés, cette épidémie dépasserait celle qui avait frappé l’est de la RDC entre 2018 et 2020. Elle resterait toutefois en deçà de la crise d’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016, qui avait provoqué plus de 11 000 décès.

Vaccins : une difficulté supplémentaire

Selon les informations rapportées, l’épidémie actuelle serait causée par le virus Ébola de Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin spécifique n’est actuellement homologué.

Des candidats vaccins font l’objet de recherches et d’essais cliniques préliminaires.

La RDC aurait parallèlement lancé une campagne utilisant Ervebo, un vaccin conçu contre le virus Ébola de Zaïre. Son efficacité contre Bundibugyo n’est cependant pas établie chez l’être humain.

Cette distinction scientifique est essentielle pour éviter de présenter la vaccination comme une protection démontrée contre toutes les formes d’Ébola.

Des contaminations signalées hors de RDC

Des cas liés à l’épidémie congolaise ont également été rapportés en Ouganda, au Kenya et au Nigeria. L’Ouganda a annoncé la fin de son foyer épidémique le 26 août, après 20 infections confirmées, dont deux décès.

Des cas importés ou des évacuations médicales ont également été signalés en Europe, notamment en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, sans que cela implique nécessairement une transmission locale.

La priorité reste désormais de contenir les foyers actifs, de protéger les soignants et de renforcer la coopération sanitaire régionale. Au-delà de l’urgence immédiate, cette crise souligne la nécessité d’investissements durables dans les systèmes de surveillance et de soins en Afrique centrale.

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