>

Sahara marocain : la MINURSO prépare son retrait, son personnel appelé à rester à domicile

01 novembre 2026 - 09:08

Après l’échec du Conseil de sécurité à prolonger son mandat, la mission onusienne entre dans une phase d’incertitude opérationnelle. Des consignes internes exceptionnelles auraient été adressées à ses agents, tandis que Rabat attend la cessation de sa présence dans les provinces du Sud.

La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) aborde une étape décisive de son histoire, après l’échec du Conseil de sécurité, vendredi 30 octobre, à adopter une résolution prolongeant son mandat, arrivé à échéance le samedi 31 octobre 2026.

Dans ce contexte inédit, des instructions exceptionnelles auraient été adressées au personnel de la mission, selon plusieurs médias marocains citant des sources onusiennes. Ces mesures interviennent alors que se pose désormais la question des modalités pratiques d’une éventuelle évacuation des effectifs, des véhicules et des équipements de la MINURSO.

Des consignes exceptionnelles adressées au personnel

Selon les informations publiées samedi par Hespress, la mission aurait diffusé un courrier électronique interne demandant à ses agents de stationner les véhicules officiels dans les emplacements réservés, de ne pas rejoindre leurs lieux de travail et de rester à domicile jusqu’à nouvel ordre.

Le message comporterait également des instructions de confidentialité, invitant les employés à ne pas communiquer avec des interlocuteurs extérieurs au sujet des développements en cours et à ne pas diffuser d’informations relatives à la situation de la mission.

Ces dispositions, si elles sont confirmées, témoigneraient d’une réorganisation immédiate des activités de la MINURSO à l’approche de l’expiration de son mandat.

Le contenu intégral de cette correspondance n’a toutefois pas été rendu public par les Nations unies. Les informations relatives à ces consignes reposent, à ce stade, sur les témoignages de sources onusiennes rapportés par la presse.

Le veto russe précipite une situation inédite

Cette évolution fait suite à la réunion du Conseil de sécurité du 30 octobre, marquée par l’échec de deux projets de résolution concurrents.

Le texte présenté par les États-Unis, qui prévoyait une nouvelle configuration de la présence onusienne au Sahara, a recueilli onze voix favorables, mais s’est heurté au veto de la Russie.

De son côté, le projet russe, favorable à une prolongation du mandat existant, n’a obtenu que trois voix pour, un résultat insuffisant pour son adoption.

Le Conseil de sécurité s’est ainsi séparé sans décision permettant de reconduire le mandat de la MINURSO au-delà du 31 octobre.

La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, avait fixé cette échéance tout en accordant une place centrale à la proposition marocaine d’autonomie comme base des négociations en vue d’une solution politique mutuellement acceptable.

L’absence de renouvellement ouvre désormais une situation institutionnelle sans précédent depuis la création de la mission en 1991.

Rabat considère que la présence de la mission doit prendre fin

Dans un communiqué publié le 30 octobre, le Cabinet Royal a qualifié la non-reconduction du mandat de la MINURSO d’évolution majeure dans le traitement du dossier du Sahara marocain.

Selon la position officielle exprimée par Rabat, cette situation implique que la présence de la mission dans les provinces du Sud du Royaume devrait cesser dans les prochains jours, y compris celle de son personnel, de ses véhicules, de ses équipements et de ses signes distinctifs.

Le communiqué présente également cette évolution comme une étape importante vers la clôture définitive du dossier au sein des Nations unies.

Cette interprétation traduit la volonté du Maroc d’engager une nouvelle phase diplomatique, après plusieurs décennies de présence onusienne sur le terrain.

Il convient néanmoins de distinguer l’expiration du mandat opérationnel de la MINURSO de la poursuite du processus politique aux Nations unies. La fin du mandat ne constitue pas, à elle seule, une décision formelle réglant définitivement le différend.

Après 35 ans de présence, quelles perspectives ?

Créée en 1991 dans le cadre du processus de règlement du conflit, la MINURSO avait notamment pour mission de surveiller le cessez-le-feu et d’accompagner les dispositions prévues par le plan de règlement initial.

Trente-cinq ans plus tard, l’absence de reconduction de son mandat pose plusieurs questions concrètes : quel calendrier pour le retrait éventuel de ses effectifs ? Quelles dispositions pour le transfert ou l’évacuation de ses équipements ? Et quelles modalités pourraient désormais encadrer le suivi de la situation sécuritaire sur le terrain ?

Ces interrogations sont d’autant plus importantes que les divergences politiques persistent entre le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

Selon Médias24, une source onusienne a confirmé, samedi, que les opérations de maintien de la paix de la mission cesseraient en l’absence de renouvellement du mandat avant son expiration. Cette source a également fait état de préoccupations concernant les risques sécuritaires dans la région.

L’enjeu dépasse donc la seule question administrative du départ d’une mission internationale. Il concerne également les mécanismes susceptibles d’accompagner la prochaine étape du processus politique et de prévenir une nouvelle détérioration de la situation.

Pour le Maroc, la non-reconduction du mandat de la MINURSO marque une rupture diplomatique majeure. Reste désormais à déterminer comment cette nouvelle réalité se traduira sur le terrain et dans les relations entre Rabat et les Nations unies.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *