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Grippe saisonnière : un médecin marocain alerte sur les risques d’infarctus et d’AVC

03 novembre 2026 - 08:31

Loin d’être un simple rhume, la grippe peut provoquer de graves complications respiratoires et cardiovasculaires. Le médecin et chercheur en politiques de santé Tayeb Hamdi appelle à renforcer la prévention et la vaccination, particulièrement chez les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les patients souffrant de maladies chroniques.

Rabat, le 2 novembre 2026. Souvent considérée comme une infection saisonnière bénigne, la grippe représente pourtant un risque sanitaire important, dont les conséquences peuvent dépasser largement les symptômes respiratoires habituels. Le médecin marocain Tayeb Hamdi, chercheur en politiques et systèmes de santé et vice-président de la Fédération nationale de la santé, met en garde contre les complications parfois graves de cette infection virale, notamment les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et certaines décompensations cardiaques.

Dans une déclaration accordée au média Al Yaoum 24, le spécialiste rappelle que la grippe touche chaque année près d’un milliard de personnes dans le monde et provoque plusieurs millions de formes sévères. Selon les estimations internationales qu’il cite, elle serait associée à plusieurs centaines de milliers de décès annuels. Ces chiffres soulignent l’importance d’une maladie fréquemment banalisée, alors qu’elle peut entraîner des hospitalisations et des complications potentiellement mortelles, particulièrement chez les personnes les plus vulnérables.

Une infection respiratoire aux conséquences cardiovasculaires

La grippe ne se limite pas à une atteinte des voies respiratoires. Lorsqu’il combat le virus, l’organisme déclenche une réponse inflammatoire susceptible d’affecter différents organes, notamment le cœur et les vaisseaux sanguins. Cette réaction peut favoriser certains mécanismes impliqués dans les accidents cardiovasculaires, en particulier chez les personnes présentant déjà des facteurs de risque. L’infection peut également accentuer les contraintes exercées sur le système cardiovasculaire, notamment en raison de la fièvre, de la déshydratation et de l’augmentation des besoins en oxygène.

Tayeb Hamdi évoque des données scientifiques faisant état d’une augmentation importante du risque d’infarctus du myocarde dans les jours suivant une infection grippale. Il cite notamment un risque pouvant être multiplié par dix durant la première semaine, ainsi qu’une élévation du risque d’AVC au cours des semaines suivantes. Ces estimations doivent toutefois être interprétées avec précaution : elles correspondent à des risques relatifs observés dans certaines études et ne signifient pas qu’une proportion comparable de personnes grippées développera une complication cardiovasculaire.

Le spécialiste attire également l’attention sur les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, chez lesquelles une infection grippale peut favoriser une aggravation de l’état de santé. Cette association entre infections respiratoires aiguës et événements cardiovasculaires rappelle que la prévention de la grippe ne relève pas uniquement de la médecine respiratoire. Elle constitue également un enjeu pour la protection des patients présentant des antécédents cardiaques, une hypertension artérielle, un diabète ou d’autres pathologies chroniques.

Comment distinguer la grippe d’un simple rhume ?

Contrairement au rhume, dont les symptômes apparaissent généralement de manière progressive et restent souvent modérés, la grippe se manifeste fréquemment par une installation brutale des signes cliniques. Une fièvre pouvant atteindre 38 à 40 degrés, des frissons, une toux sèche, une fatigue intense et des douleurs musculaires figurent parmi les manifestations caractéristiques. Ces symptômes peuvent s’accompagner de maux de gorge, d’un écoulement nasal et, dans certains cas, de troubles digestifs tels que des vomissements ou une diarrhée.

Cette distinction n’est cependant pas absolue. Certaines infections grippales peuvent se manifester sans forte fièvre, notamment chez les personnes âgées, tandis que d’autres virus respiratoires peuvent provoquer des symptômes similaires. L’intensité des manifestations varie selon l’âge, l’état immunitaire et les maladies préexistantes. En présence de difficultés respiratoires, de douleurs thoraciques, d’une confusion inhabituelle ou d’une aggravation rapide de l’état général, une évaluation médicale urgente est nécessaire.

Les personnes vulnérables particulièrement exposées

Les complications graves de la grippe concernent davantage certaines catégories de la population. Tayeb Hamdi cite notamment les personnes âgées de plus de 65 ans, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les patients atteints de maladies chroniques. Les personnes souffrant de diabète, d’asthme, d’insuffisance cardiaque ou de troubles immunitaires nécessitent une vigilance particulière. L’obésité sévère constitue également un facteur associé à un risque accru de complications.

Chez ces populations, une infection initialement respiratoire peut évoluer vers une pneumonie, une décompensation d’une maladie chronique ou une hospitalisation. La prévention repose donc sur plusieurs mesures complémentaires : vaccination saisonnière, hygiène des mains, aération des espaces intérieurs et réduction des contacts avec les personnes fragiles lorsqu’on présente des symptômes. Une consultation médicale précoce peut également permettre d’évaluer l’intérêt d’un traitement antiviral, particulièrement chez les patients à risque de forme grave.

La vaccination, un moyen essentiel de prévention

Le médecin marocain insiste sur l’importance de la vaccination antigrippale, notamment pour les populations les plus exposées et les professionnels de santé. Le vaccin ne garantit pas une protection totale contre l’infection, mais il contribue à réduire le risque de complications sévères et d’hospitalisation. Son efficacité varie d’une saison à l’autre, notamment selon les souches virales en circulation, leur correspondance avec la composition vaccinale et les caractéristiques immunitaires des personnes vaccinées.

Utilisés depuis plusieurs décennies, les vaccins antigrippaux disposent d’un profil de sécurité largement documenté. Leur composition est régulièrement actualisée afin de tenir compte de l’évolution des virus en circulation, sur la base des recommandations internationales. Une protection immunitaire optimale se développe généralement environ deux semaines après l’administration du vaccin. C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent habituellement de se faire vacciner avant la période de circulation intense du virus, tout en rappelant que la vaccination peut rester utile au cours de la saison.

Au-delà de la protection individuelle, la vaccination contribue à réduire le poids des formes graves sur les établissements de santé. Elle revêt une importance particulière pour les personnes âgées, les patients présentant des comorbidités et les femmes enceintes, chez lesquelles les conséquences d’une infection peuvent être plus importantes. La décision vaccinale doit néanmoins tenir compte des recommandations médicales en vigueur et des éventuelles contre-indications individuelles, notamment en cas d’antécédents de réaction allergique grave à un composant du vaccin.

Au Maroc, un enjeu récurrent de santé publique

Selon les estimations avancées par Tayeb Hamdi, la grippe toucherait chaque année entre 15 et 20 % de la population marocaine. Le médecin souligne également que la saison 2025-2026 s’est caractérisée par un démarrage précoce et une circulation intense des infections respiratoires. Il évoque notamment le poids des hospitalisations chez les jeunes enfants et les personnes présentant des facteurs de vulnérabilité, rappelant que les infections respiratoires aiguës sévères constituent une charge importante pour les services de soins.

Ces données doivent toutefois être distinguées des statistiques concernant exclusivement la grippe confirmée en laboratoire, car les hospitalisations pour infections respiratoires aiguës sévères peuvent être provoquées par différents agents pathogènes. Une surveillance épidémiologique régulière reste donc indispensable pour apprécier l’évolution réelle de la circulation grippale, identifier les populations les plus touchées et adapter les campagnes de prévention aux caractéristiques de chaque saison.

À l’approche de la période hivernale, le message du spécialiste est clair : la grippe saisonnière ne doit pas être assimilée à un simple désagrément passager. Si la majorité des personnes infectées guérissent sans complications majeures, certaines peuvent développer des formes graves, y compris cardiovasculaires. La prévention, la vaccination des personnes à risque et la prise en charge rapide des symptômes préoccupants demeurent les moyens les plus efficaces pour limiter les conséquences sanitaires de cette infection.

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