Le bâtiment et les matériaux de construction, la santé et les banques dominent les échanges réalisés par les investisseurs étrangers sur le marché actions marocain. Selon l’AMMC, leur activité a représenté 17,3 milliards de dirhams en 2025, soit 6,3 % du volume global des transactions boursières.
Casablanca, le 5 novembre 2026. — L’activité des investisseurs étrangers à la Bourse de Casablanca reste fortement concentrée sur un nombre limité de secteurs économiques. En 2025, cinq branches ont représenté près de 85 % des volumes échangés par les opérateurs internationaux sur le marché actions, selon le rapport annuel de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) consacré à l’investissement étranger en instruments financiers.
Cette concentration met en évidence l’intérêt des investisseurs étrangers pour les entreprises opérant dans la construction, la santé, les services bancaires, les télécommunications et le transport.
Le bâtiment et la santé en tête des échanges
Avec une part proche de 31 % du volume des transactions étrangères, le secteur du bâtiment et des matériaux de construction arrive en première position.
Il est suivi par la santé, qui représente 22,9 % des échanges, puis par le secteur bancaire, avec 19,5 %.
Les télécommunications et les services de transport complètent ce groupe, avec des parts respectives de 5,9 % et 5,4 %.
À eux seuls, les trois premiers secteurs concentrent ainsi près des trois quarts de l’activité transactionnelle étrangère sur le marché actions.
Cette répartition souligne le poids des secteurs liés aux infrastructures, aux services essentiels et au financement de l’économie dans les échanges boursiers internationaux.
Une forte progression des volumes dans la construction et la santé
L’évolution annuelle des transactions révèle une augmentation particulièrement marquée de l’activité étrangère dans certains secteurs.
Dans le bâtiment et les matériaux de construction, les volumes échangés sont passés de 1,1 milliard de dirhams en 2024 à 5,4 milliards en 2025, soit une multiplication par près de cinq.
La progression est encore plus importante dans la santé, où les échanges ont atteint 4 milliards de dirhams, contre 660 millions un an auparavant.
Le secteur bancaire a également enregistré une hausse, avec un volume de 3,4 milliards de dirhams en 2025, après 2,5 milliards en 2024.
Ces évolutions traduisent une intensification des transactions réalisées par les investisseurs étrangers dans ces branches. Elles ne signifient toutefois pas nécessairement une augmentation équivalente des investissements nets, les volumes échangés comprenant aussi bien les achats que les ventes de titres.
Les investisseurs étrangers représentent 6,3 % des transactions
Selon l’AMMC, les échanges effectués par les investisseurs étrangers ont atteint 17,3 milliards de dirhams en 2025 sur les marchés central et de blocs de la Bourse de Casablanca.
Ce montant correspond à 6,3 % du volume transactionnel annuel global.
L’activité étrangère demeure ainsi minoritaire dans les échanges boursiers, malgré les progressions observées dans plusieurs secteurs.
Le rapport précise également que les personnes morales ont réalisé la quasi-totalité des transactions étrangères.
Cette prédominance témoigne du rôle central des structures institutionnelles et des entreprises dans l’activité des investisseurs internationaux, par opposition aux interventions des particuliers.
L’Europe et l’Afrique dominent les échanges internationaux
La répartition géographique fait apparaître une forte présence des investisseurs européens et africains.
Les opérateurs européens ont représenté 38 % du volume total des transactions étrangères en 2025, devant les investisseurs africains, qui ont contribué à hauteur de 34,6 %.
Ensemble, ces deux ensembles géographiques concentrent ainsi près de 73 % de l’activité boursière étrangère.
Cette configuration souligne l’importance des relations financières du Maroc avec ses partenaires européens, mais aussi la place significative des investisseurs africains dans les échanges sur la place casablancaise.
Une concentration sectorielle qui appelle une lecture nuancée
Les données de l’AMMC dessinent le profil d’un marché dans lequel l’activité étrangère se concentre principalement sur quelques grandes branches de l’économie.
Le dynamisme des transactions dans la construction et la santé constitue l’un des faits marquants de l’année 2025.
Il convient néanmoins de distinguer le volume des titres échangés, la détention effective d’actions et les flux nets d’investissement. Ces indicateurs ne mesurent pas les mêmes réalités et peuvent évoluer différemment.
Une hausse des transactions peut notamment résulter d’une rotation plus importante des portefeuilles, sans nécessairement traduire une augmentation durable de la participation étrangère au capital des sociétés cotées.
Pour la Bourse de Casablanca, l’enjeu reste donc double : renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux et favoriser une diversification plus large de l’activité boursière entre les différents secteurs de l’économie marocaine.