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Sahara, libertés et justice sociale : l’OMDH appelle à placer les droits humains au cœur des décisions politiques

05 novembre 2026 - 09:37

Naoufal Bouamri, président de l’Organisation marocaine des droits humains

Après le blocage du Conseil de sécurité sur le Sahara, l’Organisation marocaine des droits humains réclame une réforme des mécanismes onusiens et un recensement des populations des camps de Tindouf. Sur le plan national, elle presse le gouvernement de traduire ses engagements en garanties concrètes pour les citoyens.

Rabat, le 5 novembre 2026. — Pour l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), la défense des libertés ne saurait se limiter aux déclarations de principe. Elle doit se mesurer à l’efficacité des institutions, à la protection des personnes vulnérables et à l’accès réel des citoyens à leurs droits.

Réuni le 31 octobre à Rabat, son conseil national a dressé un état des lieux des principaux défis politiques, sociaux et institutionnels, dans un contexte marqué par les développements diplomatiques autour du Sahara et l’installation d’un nouveau gouvernement.

Sahara : le blocage onusien relance le débat institutionnel

L’OMDH estime que l’absence de nouvelle résolution du Conseil de sécurité, le 30 octobre, met en évidence les faiblesses des mécanismes internationaux de règlement des différends.

Selon l’organisation, les rapports de force politiques et régionaux peuvent entraver la recherche de solutions durables, au détriment des populations concernées.

Elle préconise donc une réflexion sur la réforme des Nations unies afin de renforcer leur capacité à prévenir les crises et à favoriser des règlements pacifiques.

Réaffirmant son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, l’OMDH considère cette proposition comme une voie compatible avec les principes du droit international et le droit à l’autodétermination.

L’organisation insiste parallèlement sur la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, en Algérie. Elle réclame un recensement des populations, qu’elle juge indispensable pour garantir leur identification, leurs droits et leur liberté de circulation.

Libertés publiques : des garanties au-delà des textes

Sur le plan intérieur, l’OMDH invite le nouveau gouvernement à engager une réforme d’ensemble du cadre juridique régissant les libertés publiques.

Liberté d’expression, liberté de la presse, droit de manifester pacifiquement et liberté d’association figurent parmi ses principales préoccupations.

L’organisation réclame également une protection renforcée des défenseurs des droits humains et des mécanismes de dialogue capables de prévenir les tensions sociales.

Ces recommandations ont été adressées à la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, dans un mémorandum de plaidoyer.

Justice transitionnelle : préserver la mémoire des violations

L’OMDH met également en garde contre toute banalisation des violations graves des droits humains commises dans le passé.

Elle appelle à préserver les acquis de l’Instance équité et réconciliation, ainsi que la dignité des victimes.

Sans citer de responsables nommément, elle exprime ses inquiétudes face à la réapparition publique de personnalités qu’elle associe à certaines violations anciennes.

Pour l’organisation, la réconciliation ne peut être durable sans reconnaissance de la mémoire des victimes et vigilance institutionnelle.

Santé, éducation et égalité territoriale

La justice sociale constitue un autre axe central de ses revendications.

L’OMDH demande un accès plus équitable à la santé et à l’éducation, particulièrement dans les territoires confrontés aux disparités de services publics.

Elle appelle aussi à accélérer la réforme du Code de la famille, à renforcer les droits des personnes handicapées et à appliquer pleinement le caractère officiel de la langue amazighe.

Les conséquences du changement climatique et du stress hydrique doivent, selon elle, être intégrées aux politiques de protection des droits fondamentaux.

Migration : des garanties pour les personnes vulnérables

L’organisation préconise une actualisation de la politique nationale d’immigration et d’asile ainsi que l’adoption d’une législation spécifique sur l’asile.

Elle dénonce par ailleurs des atteintes présumées aux droits de migrants lors des tentatives de passage vers Ceuta et Melilla et demande aux autorités espagnoles d’enquêter sur les violences signalées.

Au-delà de ces différents dossiers, l’OMDH défend une même exigence : instaurer un dialogue régulier entre les pouvoirs publics et la société civile.

Son message est avant tout institutionnel : les droits humains ne doivent pas seulement être reconnus par la loi, mais devenir un critère concret d’évaluation de l’action gouvernementale.

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