Réuni à Casablanca avec les principaux acteurs portuaires et économiques, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a appelé à accélérer la mise en œuvre des plateformes numériques destinées à simplifier les échanges commerciaux. Au-delà de la dématérialisation des procédures, l’enjeu est de réduire les délais, de faciliter l’approvisionnement des entreprises et de renforcer durablement la capacité exportatrice du Royaume.
La compétitivité du commerce extérieur marocain se joue aussi dans la rapidité des formalités administratives, la fluidité des opérations portuaires et la capacité des entreprises à accéder aux marchés internationaux. C’est dans cette perspective qu’Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a présidé une réunion de travail au siège de l’Agence nationale des ports (ANP), à Casablanca, consacrée à l’état d’avancement des projets de digitalisation du secteur.
Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du programme du commerce extérieur 2025-2027, dont l’un des objectifs consiste à moderniser les procédures, à faciliter les opérations d’importation et d’exportation et à améliorer les conditions d’activité des opérateurs économiques.
L’attention s’est notamment portée sur les délais de traitement des importations de matières premières et de composants nécessaires à la production industrielle. Un enjeu particulièrement sensible pour les entreprises dont la compétitivité dépend de la régularité des approvisionnements et de la maîtrise des coûts logistiques.
Trois outils numériques au cœur de la modernisation
Les discussions ont permis d’évaluer l’avancement de plusieurs chantiers structurants : le guichet unique marocain des procédures du commerce extérieur, la plateforme d’accompagnement des entreprises exportatrices POWER EXPORT et la plateforme numérique TijarIA.ma.
Ces dispositifs participent d’une même ambition : rendre les démarches commerciales plus accessibles, améliorer la circulation des informations et renforcer l’accompagnement des entreprises dans leurs activités internationales.
La digitalisation doit notamment contribuer à limiter la multiplication des formalités, à réduire les délais de traitement et à améliorer la coordination entre les administrations et les opérateurs économiques.
Mais l’efficacité de cette transformation dépendra de l’interconnexion réelle des services concernés. La simple multiplication des plateformes ne garantit pas, à elle seule, une simplification des procédures. Encore faut-il que les entreprises puissent accomplir leurs démarches dans des conditions claires, rapides et prévisibles.
Les professionnels associés à la réflexion
La réunion a rassemblé plusieurs acteurs majeurs de l’écosystème du commerce extérieur, notamment le directeur général de l’Agence nationale des ports, celui de PORTNET, un représentant du groupe Tanger Med, la présidente de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), ainsi que des représentants de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Cette participation traduit la nécessité d’une approche concertée associant les administrations, les gestionnaires d’infrastructures et les entreprises directement confrontées aux contraintes des échanges internationaux.
Les professionnels ont ainsi pu exposer leurs préoccupations et formuler des propositions concernant la simplification des opérations commerciales, l’accélération des importations destinées à l’appareil productif et l’amélioration de la coordination administrative.
Le renforcement des services et des infrastructures portuaires a également figuré parmi les priorités examinées.
Dans une économie de plus en plus intégrée aux chaînes de valeur internationales, les performances des ports doivent en effet s’accompagner d’une organisation administrative capable de répondre aux exigences de rapidité et de fiabilité des échanges.
Faire de la digitalisation un levier pour les exportations
À l’issue de la rencontre, Omar Hejira a insisté sur la nécessité d’accélérer l’exécution des projets programmés et d’en assurer l’achèvement.
Il a également souligné l’importance de garantir leur continuité et leur développement dans la perspective du programme du commerce extérieur 2027-2031.
L’objectif affiché dépasse la modernisation technique des procédures. Il s’agit de soutenir les exportations nationales, de rationaliser les importations et d’encourager la production locale, tout en tenant compte des spécificités sectorielles et régionales.
Cette orientation rejoint une problématique centrale de l’économie marocaine : comment transformer les progrès réalisés dans les infrastructures, l’industrie et la logistique en gains durables de compétitivité pour les entreprises ?
Pour les petites et moyennes entreprises, notamment celles qui souhaitent accéder pour la première fois aux marchés étrangers, la réduction de la complexité administrative pourrait constituer un avantage appréciable.
Encore faut-il que les nouveaux outils soient accompagnés de services d’assistance, d’une information accessible et de procédures adaptées aux capacités des différents opérateurs.
Des résultats à mesurer sur le terrain
Le succès de cette stratégie se mesurera moins au nombre de plateformes déployées qu’à leurs effets concrets sur l’activité économique : réduction des délais, simplification des démarches, diminution des coûts et amélioration de l’accès des entreprises aux marchés extérieurs.
La dimension territoriale constitue également un enjeu important. Les bénéfices de la transformation numérique devront pouvoir profiter aux entreprises implantées dans les différentes régions du Royaume, au-delà des principaux pôles industriels et portuaires.
En accélérant ces chantiers, le Maroc cherche ainsi à consolider les acquis de sa modernisation logistique et à donner une nouvelle impulsion à son commerce extérieur.
Le défi consiste désormais à faire de la digitalisation un véritable facteur de compétitivité économique, capable de soutenir la production nationale et de faciliter durablement la conquête de nouveaux marchés.