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Mondial 2030 : Luis de la Fuente souhaite une finale en Espagne, mais refuse d’alimenter la polémique avec le Maroc

07 novembre 2026 - 12:48

Le sélectionneur espagnol a exprimé sa préférence pour une finale de la Coupe du monde 2030 organisée en Espagne, tout en rappelant que sa priorité restait la préparation de son équipe. Une prise de position mesurée, dans un contexte où la concurrence entre les ambitions marocaines et espagnoles prend une dimension politique.

Le sélectionneur de l’équipe nationale espagnole, Luis de la Fuente, a estimé que la finale de la Coupe du monde 2030 devrait se disputer en Espagne. Il a toutefois pris soin de distinguer cette préférence personnelle de ses responsabilités sportives, évitant ainsi de s’engager dans la controverse politique entourant le choix du pays hôte de la rencontre décisive.

« À mon avis, la finale du Mondial 2030 devrait se jouer en Espagne. Mais mon travail consiste à constituer la meilleure équipe possible pour remporter à nouveau la Coupe du monde », a déclaré le technicien espagnol vendredi 6 novembre, lors d’une conférence de presse consacrée à la dernière liste de joueurs convoqués en 2026.

Cette déclaration intervient alors que le Maroc, l’Espagne et le Portugal préparent conjointement l’organisation du Mondial 2030, une édition historique qui sera organisée pour la première fois principalement sur deux continents, l’Afrique et l’Europe.

Une préférence espagnole sans remise en cause de la candidature marocaine

Les propos de Luis de la Fuente ne constituent pas une surprise. En tant que sélectionneur espagnol, il est naturel qu’il souhaite voir son pays accueillir l’événement le plus prestigieux de la compétition.

Mais sa réponse se distingue par sa prudence.

Le technicien n’a pas contesté les ambitions marocaines et n’a formulé aucune critique à l’égard du Royaume. Il s’est limité à exprimer une préférence nationale avant de recentrer immédiatement son intervention sur son objectif : préparer une sélection capable de conquérir un nouveau titre mondial.

Cette distinction mérite d’être soulignée dans un contexte où le choix du stade de la finale tend à devenir un sujet de rivalité politique et médiatique.

Le Maroc et l’Espagne défendent chacun des infrastructures susceptibles d’accueillir cette rencontre, mais leur compétition s’inscrit dans le cadre d’une organisation commune dont la réussite repose sur la coopération entre les trois pays partenaires.

La polémique politique espagnole en toile de fond

La question posée à Luis de la Fuente faisait notamment référence aux déclarations attribuées à Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire espagnol.

Selon la presse espagnole, le dirigeant de l’opposition aurait évoqué la possibilité qu’un gouvernement dirigé par lui retire l’Espagne de l’organisation du Mondial 2030 si la finale était attribuée au Maroc.

Une telle position, si elle devait être officiellement maintenue, introduirait une dimension politique particulièrement sensible dans un projet conçu comme un symbole de coopération entre les deux rives de la Méditerranée.

Elle soulèverait également des interrogations sur les conséquences diplomatiques, économiques et sportives d’une éventuelle remise en cause des engagements pris dans le cadre de la candidature commune.

Luis de la Fuente, pour sa part, n’a pas repris cette menace. Il n’a ni demandé le retrait de l’Espagne ni remis en question le principe de la coorganisation avec le Maroc et le Portugal.

Sa réponse traduit ainsi une différence importante entre l’expression d’une ambition sportive nationale et la transformation du dossier en confrontation politique.

Le Maroc défend une ambition historique pour le football africain

Pour le Maroc, accueillir la finale du Mondial 2030 représenterait bien davantage qu’une réussite en matière d’organisation sportive.

Ce serait un événement historique pour le football africain et une consécration des investissements engagés par le Royaume dans le développement de ses infrastructures sportives.

Le projet du Grand Stade Hassan II, à Benslimane, dans la région de Casablanca, incarne cette ambition. Conçu pour accueillir environ 115 000 spectateurs, il constitue l’un des principaux arguments de la candidature marocaine pour recevoir la finale.

Face à lui, l’Espagne dispose notamment du stade Santiago-Bernabéu de Madrid, dont le prestige international et les équipements modernisés représentent des atouts importants.

La comparaison ne saurait toutefois se limiter à la capacité des enceintes ou à leur notoriété.

Le choix de la FIFA devra également prendre en considération les exigences techniques, les capacités d’accueil, les infrastructures de transport, la sécurité et les conditions générales d’organisation.

À ce stade, aucune décision définitive concernant le lieu de la finale n’est établie dans les informations rapportées.

Une candidature commune à préserver

Au-delà de la concurrence entre les stades, le Mondial 2030 représente une occasion exceptionnelle de renforcer les liens entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

La candidature commune a été construite autour d’une ambition partagée : organiser une compétition capable de rapprocher les peuples et de mettre en valeur les complémentarités entre l’Europe et l’Afrique.

Une surenchère politique autour de la finale risquerait d’affaiblir cette dimension fédératrice.

La défense des intérêts marocains et espagnols n’exclut pourtant ni le dialogue ni la recherche d’un équilibre entre les partenaires.

Le Maroc peut légitimement revendiquer l’organisation de la finale en mettant en avant la qualité de son projet, ses investissements et la portée historique d’une telle décision pour le continent africain.

De même, l’Espagne peut défendre ses propres atouts sans que cette ambition soit nécessairement interprétée comme une hostilité envers son partenaire marocain.

La décision finale appartient à la FIFA, qui devra départager les différentes options dans le cadre de ses critères d’organisation.

Luis de la Fuente privilégie le terrain

Lors de sa conférence de presse, le sélectionneur espagnol s’est principalement exprimé sur la préparation des prochaines rencontres de Ligue des nations contre la République tchèque et l’Angleterre.

Il a notamment commenté l’arrivée de nouveaux joueurs, les choix effectués au milieu de terrain et la nécessité de maintenir un haut niveau de concurrence au sein de la sélection.

En rappelant que sa mission consiste avant tout à construire une équipe capable de remporter la Coupe du monde, Luis de la Fuente a replacé le débat sur son véritable terrain de compétence.

Pour le Maroc comme pour l’Espagne, l’enjeu du Mondial 2030 ne devrait pas se réduire à une rivalité autour de la finale. La réussite de cette édition historique dépendra aussi de la capacité des trois pays organisateurs à préserver l’esprit de coopération qui a rendu possible leur candidature commune.

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