Plus de 40 000 barils de produits pétroliers par jour ont été acheminés vers la Russie depuis le Maroc en octobre 2026, selon les données de Kpler. Un chiffre qui représente plus de 74 % des importations maritimes russes, sans pour autant établir l’origine réelle des carburants concernés.
Le Maroc apparaît comme la principale provenance des produits pétroliers importés par voie maritime par la Russie au cours du mois d’octobre 2026. Selon les données de la société internationale Kpler, spécialisée dans le suivi des flux énergétiques et du transport maritime, reprises le 5 novembre par le quotidien russe Kommersant, les livraisons attribuées au Royaume ont dépassé 40 000 barils par jour, sur un total de 54 000 barils importés quotidiennement par Moscou. Le reste des approvisionnements provenait de Turquie.
Une progression des importations russes de 25 %
Les importations maritimes russes de produits pétroliers ont augmenté de 25 % par rapport à septembre, soit quelque 10 000 barils supplémentaires par jour. Elles demeurent néanmoins inférieures aux volumes enregistrés durant l’été, lorsque les achats avaient atteint 89 000 barils quotidiens en juillet, puis 153 000 en août.
Cette évolution traduit une recomposition des circuits d’approvisionnement. Entre juillet et septembre, la Russie recevait également des produits pétroliers en provenance d’Inde, de Corée du Sud et d’Égypte. En octobre, les flux recensés se sont concentrés sur le Maroc et la Turquie.
Des carburants réellement marocains ?
La place occupée par le Maroc dans ces statistiques appelle toutefois une précision essentielle. Les données publiées ne permettent pas d’affirmer que les carburants concernés ont été produits ou raffinés sur le territoire marocain.
Ni leur origine industrielle, ni l’identité des opérateurs commerciaux, ni les ports concernés ne sont précisés. L’hypothèse d’opérations de réexportation ou de réacheminement de produits précédemment importés reste donc ouverte, sans être démontrée.
Cette distinction est particulièrement importante dans le cas du Maroc, dont le marché national dépend largement des importations de produits pétroliers raffinés. Les chiffres de Kpler renseignent sur les flux commerciaux, mais ne suffisent pas à établir l’existence d’une production marocaine destinée au marché russe.
Les difficultés du raffinage russe en toile de fond
L’augmentation des importations intervient alors que les raffineries russes subissent les conséquences des attaques ukrainiennes contre leurs installations énergétiques. Selon Kpler, les volumes de raffinage ont diminué d’environ 1,5 million de barils par jour entre mai et septembre, entraînant une production d’essence inférieure à la consommation intérieure.
Une reprise s’est toutefois dessinée fin octobre, avec un traitement proche de cinq millions de barils quotidiens. Ce redressement pourrait réduire les besoins d’importation au cours des prochains mois.
Pour Moscou, le recours aux carburants étrangers demeure une solution d’appoint, freinée par les coûts élevés du transport. Pour le Maroc, ces données soulèvent surtout une question encore sans réponse : quelle est la véritable origine des produits pétroliers acheminés vers la Russie sous provenance marocaine ?