Les premières données officielles sur l’application des peines alternatives au Maroc révèlent une prédominance du travail d’intérêt général et des amendes journalières. Les jeunes adultes représentent la catégorie la plus concernée, tandis que le recours à la surveillance électronique demeure limité.
Le recours aux peines alternatives commence à prendre une place dans le système judiciaire marocain. Selon un rapport de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), transmis au Parlement, 3 408 décisions et ordonnances ont été recensées entre le 1er janvier et le 30 septembre 2026. Ce total comprend 3 386 peines alternatives et 22 ordonnances de surveillance électronique relevant du contrôle judiciaire. Les statistiques globales font état de 3 221 hommes et 187 femmes.
Le travail d’intérêt général arrive en tête
Avec 1 647 cas, soit 48,3 % des peines alternatives prononcées, le travail d’intérêt général constitue la mesure la plus fréquemment retenue par les juridictions. Il devance l’amende journalière, appliquée dans 1 289 cas, représentant 37,8 % du total.
Les restrictions de certains droits et les mesures de contrôle, de traitement ou de réhabilitation concernent 418 cas, soit 12,3 %. La surveillance électronique utilisée comme peine alternative reste marginale, avec seulement 32 cas. À ces chiffres s’ajoutent 22 ordonnances de surveillance électronique prononcées dans le cadre du contrôle judiciaire, une procédure juridiquement distincte.
Le rapport indique également que 3 197 personnes, soit près de 94 % de l’effectif recensé, se trouvaient en détention, contre 211 en liberté. Par ailleurs, 407 décisions ont fait l’objet d’un recours, tandis que 2 979 n’ont pas été contestées.
Les jeunes adultes particulièrement concernés
La répartition par âge fait apparaître une forte concentration parmi les jeunes adultes. Les personnes âgées de 20 à moins de 30 ans représentent 1 186 cas, soit 34,8 %, suivies des 30 à moins de 40 ans, avec 959 cas.
Les 40 à moins de 50 ans totalisent 621 cas, contre 254 pour les 50 à moins de 60 ans et 121 pour les personnes âgées de 60 ans et plus. Les statistiques recensent également 251 jeunes de 18 à moins de 20 ans et 16 mineurs.
Une majorité de personnes peu diplômées
Sur le plan scolaire, les personnes ayant atteint le niveau collégial arrivent en tête avec 1 157 cas, suivies de celles ayant un niveau primaire, au nombre de 1 125. Le rapport recense également 486 personnes de niveau secondaire, 414 sans instruction et 224 ayant suivi des études universitaires.
Ces chiffres offrent un premier aperçu du profil des personnes concernées par le dispositif. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’évaluer son efficacité en matière de réinsertion ou de prévention de la récidive. Une telle appréciation nécessitera des données sur l’exécution effective des peines et leurs résultats à moyen terme.