Près de 43 % des plaintes enregistrées dans les établissements pénitentiaires marocains entre janvier et septembre 2026 concernent des difficultés d’accès aux soins médicaux. Les allégations de mauvais traitements constituent le deuxième grand motif de réclamation, selon les données officielles de l’administration pénitentiaire.
L’accès aux soins de santé constitue la principale préoccupation exprimée dans les plaintes des détenus au Maroc. Selon un rapport de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), transmis au Parlement dans le cadre de l’examen de son projet de budget pour 2027, les établissements pénitentiaires ont enregistré et traité 5 756 plaintes entre le 1er janvier et le 30 septembre 2026.
Parmi celles-ci, 2 456 concernent des privations de soins médicaux alléguées, soit 42,67 % du total. Cette proportion, qui représente plus de quatre réclamations sur dix, place les questions sanitaires largement en tête des préoccupations signalées à l’administration pénitentiaire.
Les mauvais traitements, deuxième motif de plainte
Les allégations de mauvais traitements occupent également une place importante dans les statistiques. Le rapport recense 1 032 plaintes mettant en cause des membres du personnel pénitentiaire, soit 17,93 % du total, auxquelles s’ajoutent 358 plaintes concernant des mauvais traitements présumés entre détenus.
Au total, ces deux catégories représentent 1 390 réclamations, soit 24,15 % de l’ensemble. Les conditions de détention arrivent ensuite avec 441 plaintes, correspondant à 7,66 % des dossiers enregistrés.
Ces chiffres traduisent l’importance des questions relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de vie carcérales. Ils ne permettent toutefois pas de déterminer combien de plaintes ont été jugées fondées ni quelles mesures correctives ont été prises.
Communication, transferts et situation pénale
Les difficultés de communication avec l’extérieur ont donné lieu à 259 plaintes, tandis que 179 réclamations concernent les demandes de transfert ou leur non-satisfaction.
L’administration a également recensé 189 plaintes relatives aux droits financiers, aux effets personnels et aux documents administratifs, ainsi que 128 concernant le suivi des correspondances.
Sur le plan judiciaire, 155 plaintes portent sur la régularisation de la situation pénale des détenus, 112 sur la réduction automatique des peines et 63 sur les demandes de grâce ou de libération conditionnelle.
Enfin, 94 plaintes concernent l’accès à l’enseignement et à la formation professionnelle, contre 46 relatives aux mesures disciplinaires. Les 244 autres réclamations sont regroupées dans une catégorie diverse.
Des données qui interrogent la prise en charge carcérale
La prédominance des plaintes liées aux soins médicaux soulève la question de l’accès effectif des détenus aux prestations sanitaires. Elle invite également à examiner les moyens humains et matériels disponibles, les délais de consultation et les mécanismes de traitement des réclamations.
Au-delà du nombre de dossiers enregistrés, l’évaluation du système nécessiterait des informations sur leur issue, les délais de résolution et les suites données aux plaintes. Ces éléments permettraient de mieux mesurer la capacité de l’administration pénitentiaire à garantir les droits fondamentaux des personnes détenues.