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Développement territorial : Laftit annonce une hausse des transferts aux régions à 12 milliards de dirhams dès 2027

06 novembre 2026 - 08:43

Le Maroc prépare une nouvelle étape de sa politique de développement territorial. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dévoilé les grandes orientations d’une réforme qui prévoit de porter de 10 à 12 milliards de dirhams le plafond annuel des transferts de l’État aux régions. Fondée sur une approche participative ayant mobilisé plus de 86 000 personnes, cette nouvelle génération de programmes entend réduire les disparités territoriales, renforcer les capacités des collectivités et rapprocher les investissements publics des besoins réels des populations.

Rabat, le 6 novembre 2026. — Le développement territorial s’apprête à franchir une nouvelle étape au Maroc. À l’occasion de la présentation du projet de budget de son département pour l’exercice 2027 devant la Commission de l’intérieur de la Chambre des représentants, Abdelouafi Laftit a exposé les principaux axes de la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré.

Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre des Hautes Orientations de S. M. le Roi Mohammed VI, formulées dans le discours du Trône du 29 juillet 2025, qui placent la justice sociale et territoriale au cœur des priorités nationales.

L’ambition affichée est de dépasser les déséquilibres persistants entre les régions, en veillant à ce que les investissements publics produisent des effets tangibles sur les conditions de vie des citoyens, particulièrement dans les territoires confrontés à des déficits d’équipements et de services essentiels.

Deux milliards de dirhams supplémentaires pour renforcer les régions

Parmi les mesures annoncées figure le relèvement, à partir de 2027, du plafond annuel des transferts financiers de l’État vers les budgets régionaux, qui passerait de 10 à 12 milliards de dirhams.

Cette augmentation de 20 % de la capacité maximale de financement s’inscrit dans le cadre d’une modification de la loi organique relative aux régions.

Elle vise à consolider leurs moyens d’intervention et à renforcer leur rôle dans la dynamique économique nationale.

Le ministre a également présenté une évolution du cadre institutionnel régional, notamment à travers une nouvelle répartition des compétences propres et partagées.

Autre changement envisagé : la possibilité de créer des sociétés anonymes dont les conseils d’administration seraient présidés par les présidents des conseils régionaux. Ces structures seraient appelées à remplacer les agences régionales d’exécution des projets.

L’objectif est d’introduire davantage de souplesse dans la gestion des investissements, tout en maintenant les exigences de gouvernance, de contrôle public et de responsabilité institutionnelle.

La portée de cette réforme dépendra toutefois de la capacité des nouvelles structures à accélérer effectivement la réalisation des projets, sans affaiblir les mécanismes de transparence et de reddition des comptes.

Plus de 86 000 participants aux consultations territoriales

L’une des caractéristiques majeures de cette nouvelle génération de programmes réside dans la place accordée à la concertation.

Selon les données présentées par Abdelouafi Laftit, plus de 86 000 personnes ont participé aux opérations d’écoute et de consultation organisées dans les différentes préfectures et provinces du Royaume.

Citoyens, élus locaux, représentants de la société civile et acteurs territoriaux ont été associés à l’identification des besoins et à la formulation des premières propositions de projets.

Cette démarche entend rompre avec une logique de programmation exclusivement administrative, en faisant davantage remonter les priorités exprimées sur le terrain.

Les consultations ont été complétées par des diagnostics territoriaux reposant sur l’analyse des indicateurs sociaux et économiques, ainsi que sur l’identification des forces et des fragilités propres à chaque territoire.

Emploi, eau potable, écoles et santé : les priorités retenues

Les projets proposés s’articulent autour de plusieurs besoins fondamentaux : la création d’emplois, la généralisation de l’accès à l’eau potable, la réhabilitation des établissements scolaires et l’extension du transport scolaire.

L’amélioration des équipements sanitaires figure également parmi les priorités, aux côtés de la modernisation des pistes et routes rurales.

Ces interventions visent à répondre aux difficultés quotidiennes rencontrées par les populations, tout en améliorant l’attractivité économique des territoires.

L’enjeu est particulièrement important dans les zones rurales et les régions où l’éloignement des services publics constitue encore un obstacle à l’égalité des chances.

La réussite de cette stratégie supposera néanmoins une coordination étroite entre les investissements dans les infrastructures et les moyens humains nécessaires à leur fonctionnement, notamment dans l’éducation et la santé.

Une gouvernance à plusieurs niveaux

Pour encadrer l’élaboration et la mise en œuvre des programmes, le ministère de l’Intérieur prévoit une répartition des responsabilités entre les échelons provincial, régional et national.

Les commissions provinciales seront chargées de la programmation, du suivi des projets et de la concertation avec les populations concernées.

Les commissions régionales auront pour mission de regrouper les projets, d’assurer leur coordination et de veiller à leur cohérence territoriale.

Au niveau national, une commission réunissant les départements ministériels concernés, en coordination avec la présidence du gouvernement, sera chargée de l’approbation des programmes.

Des indicateurs de suivi et d’évaluation doivent également permettre de mesurer l’avancement des réalisations et l’efficacité des interventions publiques.

Une plateforme numérique pour suivre les projets

Autre nouveauté annoncée : la mise en place d’une plateforme numérique destinée à rendre accessibles les informations relatives à la planification et à l’exécution des programmes territoriaux.

Les citoyens et les acteurs institutionnels devraient pouvoir consulter les projets programmés, suivre l’état d’avancement des travaux et accéder aux données concernant leur réalisation.

Cette initiative pourrait contribuer à renforcer la transparence de l’action publique, à condition que les informations soient régulièrement actualisées et suffisamment détaillées pour permettre un véritable suivi citoyen.

Au-delà des enveloppes budgétaires et des réformes institutionnelles, la nouvelle génération de programmes territoriaux sera jugée sur sa capacité à produire des résultats concrets : des emplois, des écoles accessibles, des services de santé opérationnels et des infrastructures capables de réduire les fractures entre les territoires.

C’est à cette condition que le renforcement des moyens financiers des régions pourra se traduire par une avancée durable de la justice territoriale.

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