Alors que plusieurs régions du Royaume connaissent une hausse sensible des températures, les spécialistes de l’environnement alertent sur le risque accru d’incendies de forêt durant la saison estivale, en particulier dans les zones forestières du nord du pays.
L’augmentation des températures, la baisse de l’humidité et les épisodes de vents soutenus constituent des facteurs déterminants dans l’évaluation du niveau de risque. Les services de surveillance et de prévention s’appuient désormais de plus en plus sur des indicateurs scientifiques afin d’anticiper les situations les plus critiques.
Selon Mustapha Benrmal, expert en environnement et en développement durable, la dangerosité des incendies dépend principalement de trois paramètres : la température, l’humidité de l’air et la vitesse du vent.
Lorsque les températures atteignent ou dépassent les 35 à 40 degrés, le couvert végétal devient particulièrement inflammable. Une humidité inférieure à 30 % favorise la propagation rapide des flammes, tandis que les vents forts peuvent accélérer considérablement l’extension des incendies.
Le Rif parmi les zones les plus exposées
Les forêts du nord du Maroc, notamment celles du Rif dans les provinces de Chefchaouen et Taounate, ainsi que les massifs forestiers situés autour de Tanger et de Tétouan, figurent parmi les territoires les plus vulnérables.
La densité de la végétation, la pression humaine croissante pendant la saison estivale et l’affluence des visiteurs contribuent à accroître les risques dans ces régions.
Selon l’expert, le niveau de risque actuel varie de modéré à élevé à l’échelle nationale, mais peut atteindre un niveau élevé, voire très élevé, dans certaines zones forestières du nord et du centre du pays lors des vagues de chaleur.
Des moyens renforcés, mais des défis persistants
Les spécialistes soulignent que le Maroc a considérablement renforcé ses capacités de prévention et d’intervention au cours des dernières années grâce à la surveillance aérienne, aux dispositifs d’alerte précoce et à la mobilisation des équipes de lutte contre les incendies.
Toutefois, l’efficacité de ces dispositifs dépend également du comportement des citoyens et du respect des mesures de prévention.
Mustapha Benrmal estime que le système actuel pourrait encore être amélioré grâce au développement des réseaux de surveillance intelligente utilisant les satellites et les drones, à l’installation de nouvelles tours de guet dans les zones sensibles et à l’intégration de solutions d’intelligence artificielle permettant d’anticiper les départs de feu.
Le facteur humain en première ligne
Selon plusieurs études internationales, plus de 90 % des incendies de forêt dans le monde seraient liés directement ou indirectement à l’activité humaine.
Les feux allumés dans les espaces naturels, les mégots de cigarette, le brûlage des déchets agricoles, le camping non contrôlé ou certains actes de malveillance figurent parmi les principales causes des incendies.
Les experts considèrent que la sensibilisation du public demeure l’un des enjeux majeurs de la prévention, particulièrement durant la période estivale qui connaît une fréquentation importante des espaces forestiers.
Ils soulignent également la difficulté de surveiller l’ensemble des massifs forestiers marocains, qui couvrent plus de neuf millions d’hectares, notamment dans les zones montagneuses, isolées ou difficiles d’accès.
Face à l’augmentation des épisodes de chaleur et aux effets du changement climatique, la prévention, l’anticipation et l’implication des populations locales apparaissent désormais comme des éléments essentiels pour protéger le patrimoine forestier du Royaume.