Le Congrès des députés espagnol a adopté jeudi une motion du Parti populaire (PP) demandant la démission du président du gouvernement Pedro Sánchez et l’invitant à soumettre son exécutif à une question de confiance. La motion, dépourvue de valeur contraignante, a été approuvée grâce aux voix du PP, de Vox, de Junts et de l’Union du peuple navarrais (UPN).
Le texte a recueilli 178 voix favorables concernant la question de confiance et 177 voix en faveur de la demande de démission du chef du gouvernement. Le Parti nationaliste basque (PNV) a voté contre, tandis que plusieurs partenaires de la majorité d’investiture ont choisi de ne pas soutenir l’initiative.
Le résultat constitue un revers politique symbolique pour Pedro Sánchez, au lendemain d’un débat parlementaire particulièrement tendu consacré aux affaires judiciaires qui touchent le Parti socialiste et l’entourage du président du gouvernement.
Junts accentue la pression sur Sánchez
La position de Junts a particulièrement retenu l’attention. La formation de Carles Puigdemont a décidé de voter avec la droite parlementaire espagnole tout en excluant toute participation à une éventuelle motion de censure menée par le PP et Vox.
La porte-parole du parti, Míriam Nogueras, avait déjà demandé mercredi que Pedro Sánchez se retire et laisse la place à un autre candidat susceptible d’obtenir le soutien de la majorité parlementaire.
Cette proposition, surnommée par certains médias espagnols la « voie Starmer », consisterait à remplacer le président du gouvernement sans convoquer d’élections anticipées, afin de permettre à la législature de se poursuivre avec un nouveau chef de l’exécutif.
Une motion sans effet juridique
Le gouvernement a immédiatement relativisé la portée du vote. La Moncloa rappelle que seule la Constitution permet au président du gouvernement de décider d’une question de confiance ou de convoquer des élections anticipées.
La motion du PP n’a donc aucun caractère obligatoire et sera simplement publiée au Bulletin officiel des Cortes.
Du côté populaire, Alberto Núñez Feijóo a salué un « avertissement politique » adressé au chef du gouvernement, tout en reconnaissant que Pedro Sánchez ne modifiera probablement pas sa position.
Une majorité de plus en plus fragile
Le vote de jeudi confirme l’éloignement progressif de plusieurs partenaires de la majorité d’investiture. Junts multiplie les avertissements au gouvernement et conditionne désormais son soutien à un changement de leadership au sein de l’exécutif.
Le PNV continue pour sa part de refuser toute alliance avec le PP et Vox, ce qui rend impossible, à ce stade, toute motion de censure susceptible de renverser le gouvernement.
Cette situation crée une forme de blocage politique : plusieurs formations considèrent la législature comme épuisée, mais aucune majorité alternative ne semble en mesure de se constituer au Congrès.
Vers une longue fin de législature
À Madrid, de nombreux observateurs considèrent désormais que la principale question n’est plus de savoir si la législature est affaiblie, mais combien de temps elle pourra encore durer.
L’échec éventuel des prochains budgets de l’État pourrait constituer le véritable test politique des prochains mois et ouvrir la voie à des élections générales anticipées en 2027.