Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa finance durable. Les principales autorités financières du Royaume ont lancé une consultation publique sur le projet de Taxonomie financière verte du Maroc (TFVM), un référentiel appelé à orienter les investissements vers les activités contribuant à la transition écologique.
L’initiative est portée conjointement par le ministère de l’Économie et des Finances, Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ainsi que le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
Ouverte jusqu’au 31 juillet 2026, cette consultation s’adresse aux établissements financiers, entreprises, investisseurs, experts et autres parties prenantes, invités à formuler leurs observations avant l’adoption définitive du dispositif.
Un référentiel pour orienter les investissements durables
Élaborée avec l’appui technique de la Banque mondiale et d’Expertise France, la future taxonomie constitue l’un des piliers de la Stratégie marocaine de développement de la finance climat à l’horizon 2030. Elle s’inscrit également dans la mise en œuvre de la nouvelle Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et de la Stratégie nationale bas carbone 2050.
Son objectif est de définir des critères scientifiques et techniques permettant d’identifier les activités économiques considérées comme durables, afin de faciliter leur accès au financement et de renforcer la prise en compte des risques climatiques par les acteurs financiers.
Priorité aux secteurs les plus émetteurs
Dans une première phase, la taxonomie concernera principalement les secteurs responsables des plus fortes émissions de gaz à effet de serre, notamment l’énergie, les transports et l’industrie.
Les autorités souhaitent également recueillir les avis des professionnels sur les critères techniques retenus, la lisibilité du référentiel, les modalités de son déploiement progressif ainsi que les mécanismes d’accompagnement nécessaires à son appropriation par les opérateurs économiques.
En dotant le Royaume d’un cadre de référence commun pour la finance verte, les autorités entendent renforcer la crédibilité du marché marocain des investissements durables, attirer davantage de capitaux orientés vers la transition énergétique et accompagner les entreprises dans leur adaptation aux exigences environnementales internationales.