Ankara – Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a créé la surprise à l’issue du dernier sommet de l’OTAN en offrant à chacun des chefs d’État et de gouvernement présents un revolver gravé à leur nom, accompagné d’une boîte de six cartouches et d’un document destiné à faciliter son exportation.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a été le premier à révéler ce cadeau insolite, expliquant avoir choisi de laisser l’arme en Turquie, son importation étant incompatible avec la législation britannique sur les armes à feu.
Ce présent inattendu a rapidement soulevé des difficultés pour plusieurs délégations européennes. Dans de nombreux pays, l’introduction d’une arme fonctionnelle, même offerte dans un cadre diplomatique, est soumise à des procédures administratives particulièrement strictes.
Selon plusieurs sources, le Premier ministre néerlandais Rob Jetten et le chancelier allemand Friedrich Merz auraient également préféré ne pas emporter leur revolver dans l’immédiat.
Les services du Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont indiqué que l’arme ne pourrait être transférée en Suède qu’après le respect de toutes les formalités prévues par la législation nationale.
Un cadeau qui interroge
Au-delà des questions juridiques, ce geste a suscité l’incompréhension de plusieurs participants à un sommet consacré aux grands enjeux sécuritaires du moment, notamment la guerre en Ukraine, les tensions avec l’Iran et le renforcement de la défense européenne.
Si les échanges de cadeaux font partie des usages diplomatiques, l’offrande d’une arme à feu pleinement opérationnelle apparaît comme une initiative particulièrement inhabituelle.
La présidence turque n’a, pour l’heure, fourni aucune explication officielle sur la portée symbolique de ce cadeau.
Cet épisode illustre combien un simple geste protocolaire peut rapidement prendre une dimension politique, diplomatique et juridique dans un contexte international marqué par les conflits et les questions de sécurité.