Le constructeur ouvre au public les premiers trajets à bord de son robotaxi électrique biplace, dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs. Encore limité à certaines zones d’Austin, ce lancement commercial fait déjà l’objet d’un examen de l’autorité fédérale chargée de la sécurité routière.
Tesla a officiellement intégré son Cybercab à son service de robotaxis à Austin, au Texas. Présenté comme un véhicule entièrement conçu pour la conduite autonome, ce modèle électrique doré peut désormais être sollicité par les usagers dans certaines zones de la ville au moyen de l’application Robotaxi du constructeur.
Le lancement marque le passage de la démonstration technologique à une première exploitation commerciale. Il reste cependant très éloigné du déploiement massif annoncé depuis plusieurs années par Elon Musk. Selon Tesla, les trajets en Cybercab ne sont actuellement proposés que dans des secteurs limités d’Austin.
Un habitacle sans poste de conduite
Le Cybercab ne comporte ni volant, ni pédales, ni rétroviseurs traditionnels. Son habitacle, organisé autour d’une banquette pour deux passagers et d’un écran central, ne permet donc pas à un occupant de reprendre directement le contrôle du véhicule en cas de difficulté.
Tesla l’avait présenté pour la première fois en octobre 2024 dans un studio hollywoodien. Le groupe avait alors promis une production avant 2027 et décrit le modèle comme la future pièce maîtresse de son réseau de transport autonome.
En attendant sa mise au point, Tesla avait inauguré en juin 2025 son service de robotaxis à Austin avec des Model Y équipées de son système de conduite automatisée. Le Cybercab rejoint désormais cette flotte, mais ne la remplace pas encore.
Un lancement commercial encore très limité
Quelque 45 Cybercabs étaient enregistrés au Texas au moment du lancement. Ils représentent une petite partie des 420 véhicules autonomes inscrits par Tesla dans cet État, l’essentiel de la flotte restant constitué de Model Y.
Le service Robotaxi est présent dans plusieurs villes du Texas et de Floride, notamment Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando et Tampa. Toutefois, Tesla précise que les courses en Cybercab proprement dites demeurent, pour l’instant, limitées à Austin.
Le mot « lancement » doit donc être compris avec prudence. Tesla n’ouvre pas encore un service national reposant sur des milliers de Cybercabs. L’entreprise met en circulation quelques dizaines d’exemplaires dans un périmètre restreint afin d’éprouver le véhicule, son logiciel et son modèle économique dans des conditions réelles.
Une certification déjà examinée par Washington
Quelques heures après la présentation, l’Administration nationale américaine de la sécurité routière, la NHTSA, a ouvert un examen du processus utilisé par Tesla pour certifier la conformité du Cybercab aux normes fédérales.
Aux États-Unis, les constructeurs peuvent déclarer eux-mêmes que leurs véhicules respectent les règles de sécurité. Tesla affirme que le Cybercab satisfait à toutes les normes qui lui sont applicables et n’a pas demandé de dérogation particulière. La NHTSA veut néanmoins étudier les données techniques et les arguments ayant conduit l’entreprise à considérer que certaines exigences relatives au volant, aux pédales ou aux rétroviseurs ne concernaient pas ce véhicule.
L’ouverture de cet audit ne signifie pas qu’une infraction a déjà été établie. Elle révèle cependant le principal obstacle auquel se heurte le projet de Tesla : un véhicule conçu sans aucune commande humaine doit circuler dans un cadre réglementaire largement élaboré pour des automobiles conduites par une personne.
Une concurrence déjà bien installée
Tesla arrive sur un marché où plusieurs concurrents ont pris de l’avance. Waymo, filiale d’Alphabet, exploite ou prépare des services dans quatorze villes américaines. Zoox, propriété d’Amazon, développe également son propre robotaxi sans poste de conduite et a commencé à proposer des trajets payants à Las Vegas.
Les entreprises ne suivent toutefois pas la même stratégie. Tesla mise principalement sur des caméras et sur son logiciel de conduite automatisée, tandis que Waymo et Zoox utilisent une combinaison plus large de capteurs. La question n’est donc pas seulement de savoir qui déploiera le plus grand nombre de véhicules, mais quel système pourra démontrer sa sécurité, obtenir la confiance des autorités et fonctionner de manière rentable.
Pour Tesla, l’heure des preuves
Le Cybercab constitue une étape importante pour Elon Musk, qui présente depuis longtemps la conduite autonome comme l’avenir de Tesla. Mais la réussite du projet ne se mesurera pas au nombre de véhicules dorés montrés lors d’un événement promotionnel.
Elle dépendra de la capacité du groupe à élargir son service au-delà de quelques quartiers d’Austin, à répondre aux interrogations du régulateur et à démontrer que ses robotaxis peuvent circuler quotidiennement sans compromettre la sécurité des passagers et des autres usagers.
Tesla a mis son Cybercab sur la route. Commence maintenant une phase autrement plus exigeante : prouver qu’il peut y rester.