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À Berlin, la gauche arrive en tête et la CDU perd le pouvoir

21 septembre 2026 - 17:55

Die Linke devient la première force politique de la capitale allemande avec 25,7 % des voix. La CDU recule à 18,8 % et l’AfD progresse à 16,3 %. La défaite de la coalition CDU-SPD ouvre la voie à un possible gouvernement de gauche avec les Verts et les sociaux-démocrates.

Les élections à la Chambre des députés de Berlin ont profondément remodelé le paysage politique de la capitale allemande. Die Linke arrive en tête avec 25,7 % des suffrages, devant l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui obtient 18,8 %, et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), créditée de 16,3 %.

Les Verts recueillent 14,3 %, tandis que le Parti social-démocrate (SPD), membre de la coalition sortante, tombe à 12,1 %. Le BSW de Sahra Wagenknecht reste en dessous du seuil électoral, avec 4,7 %. La participation s’est élevée à 74,2 %, selon les résultats provisoires. Résultats officiels

La CDU et le SPD, qui dirigeaient jusqu’ici la ville, perdent leur majorité. La principale configuration envisagée est désormais une alliance entre Die Linke, les Verts et le SPD. Les négociations pourraient toutefois s’annoncer délicates.

La tête de liste de Die Linke, Elif Eralp, pourrait devenir la première dirigeante de la capitale issue de cette formation.

Le logement, première préoccupation

La crise du logement et la hausse des loyers ont occupé une place centrale dans la campagne. Die Linke souhaite renforcer la régulation des loyers et relancer le débat sur la socialisation de grandes entreprises immobilières.

Une enquête réalisée après le scrutin montre cependant que 51 % des Berlinois sont opposés à l’expropriation des grands groupes immobiliers, contre 37 % qui y sont favorables. En 2021, 57,6 % des votants avaient pourtant soutenu le principe d’une socialisation de ces sociétés.

Le résultat confirme que les préoccupations sociales occupent une place majeure dans le vote berlinois. Die Linke a progressé auprès des électeurs sensibles aux questions de logement, de pouvoir d’achat et de précarité. L’AfD, de son côté, a consolidé son implantation en s’appuyant principalement sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité.

Une ville politiquement fragmentée

Die Linke arrive également en tête dans six des douze districts de Berlin : Pankow, Mitte, Friedrichshain-Kreuzberg, Neukölln, Lichtenberg et Treptow-Köpenick.

La CDU conserve la première place dans quatre districts de l’ouest de la ville. L’AfD s’impose à Marzahn-Hellersdorf, tandis que les Verts remportent de justesse Tempelhof-Schöneberg.

La nouvelle majorité devra donc être construite à travers des compromis. Pour Die Linke, la victoire constitue une occasion historique, mais aussi un test de crédibilité. La formation devra démontrer qu’elle peut gérer les nombreux dossiers de la capitale, notamment le logement, les transports, les finances publiques et la sécurité.

Pour la CDU, le scrutin marque un net recul dans l’une des principales métropoles allemandes. Le SPD, également affaibli, devra revoir sa stratégie locale.

Le vote berlinois dépasse enfin le cadre régional. Il constitue un nouveau revers pour la CDU du chancelier Friedrich Merz et confirme la progression des forces politiques situées aux deux extrémités de l’échiquier. La capitale allemande apparaît ainsi comme l’un des principaux laboratoires de la recomposition politique du pays.

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