Le ministre israélien de la Défense réplique aux accusations du président turc concernant Gaza et lui reproche son soutien au Hamas. Une nouvelle passe d’armes qui illustre la dégradation des relations entre Ankara et Tel-Aviv.
Les tensions diplomatiques entre Israël et la Turquie ont pris une nouvelle tournure ce jeudi. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a qualifié le président turc Recep Tayyip Erdogan de « sultan de papier », en réaction aux critiques formulées par ce dernier contre Israël à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.
Dans un communiqué, Israel Katz a accusé le chef de l’État turc de multiplier les déclarations qu’il juge antisémites et incendiaires, tout en l’exhortant à cesser ses attaques verbales contre Israël. Il lui a également reproché son soutien au Hamas, défendant en parallèle les opérations militaires israéliennes au nom de la légitime défense.
Cette riposte intervient deux jours après un discours particulièrement virulent de Recep Tayyip Erdogan devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le président turc avait décrit Gaza comme « le plus grand cimetière d’enfants au monde », comparé l’enclave palestinienne à un camp de concentration et accusé Israël d’entretenir une « mentalité génocidaire ».
Erdogan avait également appelé la communauté internationale à accentuer la pression sur le gouvernement israélien face à la situation humanitaire dans la bande de Gaza.
Dans sa réponse, Israel Katz a étendu ses critiques à la politique régionale d’Ankara, mettant notamment en cause l’attitude de la Turquie face aux attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite. Il a également évoqué le traitement réservé, selon lui, à certaines populations et minorités en Turquie, dont les Kurdes.
L’affrontement s’est aussi manifesté dans l’enceinte des Nations unies : la délégation israélienne a quitté la salle pendant l’intervention du président turc. Celui-ci avait également exhorté les États qui ne reconnaissent pas encore la Palestine à revoir leur position et critiqué Washington pour avoir de nouveau empêché le président palestinien Mahmoud Abbas de se rendre à New York.
Cette nouvelle escalade verbale témoigne de la profonde détérioration des relations entre Ankara et Tel-Aviv, sur fond de désaccords persistants concernant la guerre à Gaza et l’avenir des territoires palestiniens.