La frontière pakistano-afghane, théâtre de tensions récurrentes.
Islamabad affirme avoir visé des installations liées à des groupes armés opérant contre son territoire. Une puissante explosion a secoué Kandahar, ville où réside le chef suprême des talibans, alors que la trêve conclue en mars demeure fragile.
Le Pakistan a mené dans la nuit de mercredi à jeudi une série de frappes aériennes en Afghanistan, touchant notamment Kandahar, dans le sud du pays, où réside le chef suprême des talibans. Islamabad a confirmé avoir visé dix sites à l’aide d’avions et de drones, dans le cadre d’une nouvelle opération militaire contre des groupes armés qu’il accuse d’opérer depuis le territoire afghan.
Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a indiqué que les frappes avaient ciblé des installations militaires directement liées, selon Islamabad, à la préparation d’attaques contre le Pakistan. Il n’a toutefois pas précisé l’emplacement des dix sites concernés.
À Kandahar, un habitant a raconté à l’AFP avoir entendu un avion survoler la ville avant qu’une violente explosion ne retentisse dans le centre, provoquant un incendie. Les autorités afghanes n’avaient pas immédiatement communiqué de bilan humain ou matériel.
Islamabad invoque la lutte contre les groupes armés
Le Pakistan accuse régulièrement le gouvernement taliban de tolérer sur son territoire des groupes armés responsables d’attaques contre ses forces de sécurité et sa population.
Dans un message publié sur X, Attaullah Tarar a assuré que les frappes avaient été précises, proportionnées et strictement limitées à des objectifs militaires préalablement identifiés.
Kaboul rejette ces accusations et affirme, de son côté, que le Pakistan accueille des organisations armées hostiles aux autorités talibanes.
Une trêve fragilisée par de nouvelles opérations militaires
Ces bombardements interviennent quelques jours après une précédente offensive pakistanaise dans la région frontalière, qui avait fait trois morts.
À la fin du mois de février, les deux pays s’étaient affrontés dans un conflit ayant causé la mort de centaines de civils afghans, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA). Un cessez-le-feu avait été conclu en mars, sans qu’un accord de paix durable puisse être trouvé depuis.
La frappe sur Kandahar revêt une portée particulière en raison du rôle central de cette ville dans le pouvoir taliban. Le chef suprême du mouvement, Hibatullah Akhundzada, y réside. Rien, dans les informations communiquées par Islamabad, n’indique toutefois qu’il ait été personnellement visé.
Cette nouvelle opération illustre la persistance des tensions sécuritaires entre le Pakistan et l’Afghanistan, malgré les engagements pris pour mettre fin aux affrontements.