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Fatima Saadi : et si la prochaine étape passait par le gouvernement ?

29 septembre 2026 - 10:24

Il n’est peut-être pas nécessaire de projeter Fatima Saadi jusqu’à la présidence du gouvernement pour mesurer le chemin parcouru. Pour l’ancienne maire d’Al Hoceïma, devenue parlementaire puis membre de la direction collégiale du PAM, une éventuelle entrée au gouvernement constituerait déjà une nouvelle étape majeure. Et pour sa ville natale, voir l’une de ses filles accéder au cœur de l’Exécutif aurait nécessairement une résonance particulière.

Quelques jours après les législatives du 23 septembre, le Maroc est entré dans le temps institutionnel qui suit les élections : celui où les résultats cessent d’être seulement des chiffres pour ouvrir la question de la prochaine architecture gouvernementale.

Le PAM aborde cette séquence en position de première force à la Chambre des représentants, avec 97 sièges. Et parmi les responsables qui incarnent aujourd’hui le parti figure Fatima Saadi, membre de sa direction collégiale aux côtés de Fatima-Zahra El Mansouri et Mohamed Mehdi Bensaïd.

Hoy24 Français avait déjà consacré, au lendemain du scrutin, un portrait à cette femme politique née à Al Hoceïma en 1969. Son parcours est désormais connu : engagement associatif, présidence du conseil communal de sa ville natale, Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Chambre des représentants, responsabilités partisanes, puis accession à la direction nationale du PAM.

Il serait donc inutile de raconter une seconde fois la même histoire. La question qui se pose aujourd’hui est différente : jusqu’où cette trajectoire politique peut-elle encore conduire Fatima Saadi ?

De la mairie d’Al Hoceïma aux responsabilités nationales

Saadi appartient à une catégorie de responsables dont la carrière s’est construite progressivement, en passant par plusieurs niveaux de la vie publique plutôt que par une ascension soudaine.

La mairie d’Al Hoceïma constitue à cet égard une étape essentielle. Lorsqu’elle prend la tête du conseil communal en 2009, elle devient la première femme à diriger la ville. Cette expérience lui donne une visibilité particulière, mais surtout une pratique directe de la gestion locale, avec tout ce qu’elle implique de proximité avec les habitants et de confrontation aux difficultés économiques et sociales du territoire.

La suite élargit progressivement son horizon politique : la région, le Parlement, les instances nationales de son parti et, depuis 2024, la direction collégiale du PAM.

Durant la campagne des législatives de 2026, Saadi n’est d’ailleurs pas restée cantonnée à Al Hoceïma. Elle a porté la parole du parti dans plusieurs régions du Royaume et participé à la défense de son programme électoral. Au lendemain du scrutin, elle s’est également exprimée lors de la conférence de presse de la direction collégiale consacrée aux résultats.

Son statut est donc aujourd’hui pleinement national.

Et pourquoi pas une responsabilité gouvernementale ?

La question ne consiste pas à distribuer, depuis une rédaction, les futurs portefeuilles ministériels. La composition du gouvernement répond à un processus institutionnel précis et à des choix qui ne relèvent évidemment pas d’un média.

Mais constater qu’une personnalité politique possède désormais un parcours susceptible de la conduire à de nouvelles responsabilités relève d’une autre démarche.

Fatima Saadi est une ancienne maire, une ancienne députée et l’une des trois membres de la direction du parti arrivé en tête des élections. Ces éléments suffisent à situer la place qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage politique marocain, sans avoir besoin de lui inventer une candidature ou de lui attribuer par avance un portefeuille.

Une entrée au gouvernement constituerait, si elle devait se produire, la continuation d’un itinéraire commencé très loin des ministères de Rabat : dans le monde associatif d’Al Hoceïma.

Ce que cela représenterait pour Al Hoceïma

Il existe cependant une autre lecture, moins institutionnelle et probablement plus humaine.

Pour Al Hoceïma, Fatima Saadi n’est pas uniquement une dirigeante nationale du PAM. Elle demeure une enfant de la ville, une femme qui y a grandi avant d’en devenir maire et de poursuivre son parcours à l’échelle nationale.

Dans une région où la question de la représentation politique et de la relation avec les institutions nationales occupe depuis longtemps une place particulière, voir une personnalité issue d’Al Hoceïma accéder à une responsabilité gouvernementale aurait forcément une portée symbolique.

Non parce qu’un ministre serait supposé représenter sa ville ou sa région au sein du gouvernement — sa responsabilité serait nationale — mais parce que les symboles comptent aussi en politique. Voir une trajectoire partie d’Al Hoceïma atteindre le gouvernement raconterait quelque chose de la possibilité de passer du local au national sans effacer ses origines.

Et dans le cas de Fatima Saadi, cette dimension serait doublée d’une autre : celle d’une femme rifaine ayant franchi successivement plusieurs échelons de responsabilité publique.

Une ambition qui n’aurait rien d’incongru

La politique est faite de circonstances, d’équilibres et de décisions qui dépassent les parcours individuels. Rien ne permet donc de présumer aujourd’hui de la composition du prochain gouvernement ni de la place qu’y occupera — ou non — Fatima Saadi.

Mais son itinéraire permet désormais de poser la question sans qu’elle paraisse artificielle.

Il y a dix-sept ans, elle prenait les commandes de la mairie d’Al Hoceïma. Elle a depuis connu le Conseil régional, le Parlement et la direction nationale de son parti. Après la victoire électorale du PAM, son parcours entre nécessairement dans une nouvelle dimension.

Devenir ministre ne serait pas seulement, pour Fatima Saadi, une nouvelle ligne dans une carrière politique déjà dense. Ce serait l’image d’une femme partie d’Al Hoceïma, passée par sa mairie, le Parlement et la direction d’un grand parti national avant de franchir une nouvelle porte de l’État.

Et parfois, en politique, un parcours mérite aussi d’être regardé pour ce qu’il rend désormais possible — sans préjuger de ce qui sera décidé.

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