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Sahara marocain : le Cabinet royal salue la non-reconduction de la MINURSO, un tournant majeur à l’ONU

31 octobre 2026 - 08:36

Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas renouvelé, vendredi 30 octobre, le mandat de la MINURSO, présent au Sahara depuis 1991. Dans un communiqué, le Cabinet royal voit dans cette évolution une étape déterminante vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain au sein des Nations unies. Rabat estime que la mission doit désormais quitter les provinces du Sud et réaffirme son attachement au cessez-le-feu.

Le dossier du Sahara marocain connaît un tournant diplomatique majeur. Réuni vendredi 30 octobre 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies n’est pas parvenu à prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), ouvrant une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle après 35 années de présence onusienne.

Dans un communiqué publié dans la soirée, le Cabinet royal a accueilli favorablement cette évolution, qu’il considère comme un pas significatif vers la clôture définitive du dossier au sein des instances des Nations unies.

Cette annonce intervient à la veille du premier anniversaire de la Fête de l’Unité, instituée par S. M. le Roi Mohammed VI à la suite des développements diplomatiques intervenus en octobre 2025.

La fin annoncée de 35 années de présence onusienne

Créée en 1991, la MINURSO avait été déployée dans le cadre du processus de règlement du différend territorial et du cessez-le-feu conclu à l’époque.

Le Cabinet royal estime que la non-reconduction de son mandat marque désormais la fin d’une période historique.

Selon le communiqué, cette évolution implique que la présence de la mission dans les provinces du Sud du Royaume, notamment son personnel, ses véhicules, ses équipements et ses installations, devrait prendre fin dans les prochains jours.

Pour Rabat, la disparition du mandat de la MINURSO constitue davantage qu’un simple changement administratif : elle symbolise l’abandon d’un dispositif hérité d’un contexte politique que les autorités marocaines considèrent comme dépassé.

Toutefois, les modalités pratiques du retrait des effectifs et du matériel relèvent encore des procédures et décisions des Nations unies.

Deux projets de résolution sans issue au Conseil de sécurité

La non-reconduction du mandat résulte de l’échec de deux initiatives concurrentes soumises aux membres du Conseil de sécurité.

Le projet présenté par les États-Unis, qui prévoyait une transformation de la mission et une réorientation du cadre politique autour de l’autonomie sous souveraineté marocaine, s’est heurté au veto de la Russie.

Une seconde proposition, défendue par Moscou et visant à prolonger le mandat de la MINURSO pour une année supplémentaire, n’a pas obtenu le nombre de voix nécessaire à son adoption.

En l’absence d’un accord de dernière minute, le mandat en vigueur arrive donc à expiration le 31 octobre 2026.

Cet échec diplomatique ne correspond pas à une résolution du Conseil décidant formellement de clore le différend. Il signifie, à ce stade, que les membres du Conseil n’ont pas réussi à adopter un nouveau texte prolongeant ou transformant la mission.

Rabat appelle à tourner la page du traitement onusien

Le communiqué du Cabinet royal va au-delà de la seule question du maintien de la MINURSO.

Il considère que la non-reconduction du mandat devrait conduire à la fin de l’examen périodique du dossier par le Conseil de sécurité et à son retrait de l’ordre du jour.

Dans cette perspective, les réunions régulières consacrées au Sahara, les rapports du Secrétaire général et les exposés de son Envoyé personnel n’auraient plus de raison d’être, selon la position exprimée par Rabat.

Le Cabinet royal estime également que le processus politique conduit sous l’égide des Nations unies se trouve désormais suspendu, après des années de blocage que le Maroc attribue aux positions des autres parties.

Il annonce que des démarches similaires seront prochainement entreprises auprès d’autres organes des Nations unies.

Ces orientations constituent la position officielle marocaine. Leur traduction institutionnelle dépendra néanmoins des compétences et des décisions propres aux différentes instances onusiennes.

La Fête de l’Unité, symbole d’une nouvelle étape

Le calendrier confère à cette annonce une dimension politique et symbolique particulière.

La non-reconduction du mandat intervient à la veille du 31 octobre, date retenue pour la célébration annuelle de la Fête de l’Unité.

Instituée à l’initiative de S. M. le Roi Mohammed VI, cette commémoration fait référence à l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité.

Ce texte avait placé la proposition marocaine d’autonomie au centre des négociations en vue d’une solution politique au différend.

Pour les autorités marocaines, le rapprochement de ces deux dates traduit le passage d’une logique de gestion prolongée du dossier à une nouvelle approche diplomatique.

Le Maroc réaffirme son attachement au cessez-le-feu

Malgré la perspective du départ de la MINURSO, le Cabinet royal insiste sur la continuité de l’engagement marocain en faveur du cessez-le-feu.

Rabat affirme demeurer fermement attaché à son respect, tout en soulignant la nécessité de préserver l’intégrité territoriale du Royaume, sa sécurité nationale et la tranquillité de ses citoyens.

Cette précision intervient alors que la disparition éventuelle de la mission soulève des interrogations sur l’avenir des mécanismes internationaux de surveillance et de prévention des incidents.

La MINURSO remplissait en effet, au-delà de sa mission initiale liée au référendum, des fonctions de suivi de la situation sécuritaire sur le terrain.

La question de leur éventuel remplacement demeure ouverte.

Une nouvelle séquence diplomatique

La fin du mandat de la MINURSO ne signifie pas, à elle seule, la disparition juridique du différend ni la clôture automatique de son examen par les Nations unies.

Elle marque néanmoins une rupture importante dans le dispositif institutionnel qui encadrait la question depuis 1991.

Pour le Maroc, cette évolution ouvre la voie à une nouvelle phase, dans laquelle l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine devrait continuer à occuper une place centrale dans son action diplomatique.

En accueillant favorablement la non-reconduction de la MINURSO, le Cabinet royal entend faire de cette date un tournant historique. Reste désormais à déterminer comment cette évolution se traduira sur le terrain et dans les relations entre le Maroc, les autres parties concernées et les institutions des Nations unies.

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