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ONU : la Turquie présente Feridun Sinirlioğlu pour succéder à António Guterres

31 octobre 2026 - 08:59

Ankara entre officiellement dans la course à la succession du secrétaire général des Nations unies. La Turquie a proposé la candidature de son ancien ministre des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu, actuellement secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Une initiative qui intervient à deux mois de la fin du mandat d’António Guterres.

La Turquie a officiellement présenté la candidature de Feridun Sinirlioğlu au poste de secrétaire général des Nations unies, dont le titulaire actuel, António Guterres, achèvera son mandat le 31 décembre 2026.

Selon l’agence de presse turque Anadolu, le représentant permanent de la Turquie auprès des Nations unies, Ahmet Yıldız, a transmis la lettre de candidature aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Le document a été signé par le président turc Recep Tayyip Erdoğan, confirmant l’engagement officiel d’Ankara dans le processus de désignation du prochain dirigeant de l’organisation internationale.

Un diplomate expérimenté au profil multilatéral

Âgé de 70 ans, Feridun Sinirlioğlu dispose d’une longue expérience dans les affaires étrangères et les négociations internationales.

Il a notamment occupé les fonctions de ministre turc des Affaires étrangères en 2015, avant de représenter son pays auprès des Nations unies, à New York, de 2016 à 2023.

Depuis décembre 2024, il exerce les fonctions de secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), institution consacrée à la sécurité, à la prévention des conflits et au dialogue entre ses États participants.

Cette expérience à la tête d’une organisation multilatérale constitue l’un des principaux éléments mis en avant par Ankara pour défendre sa candidature.

Erdoğan met en avant sa capacité à bâtir des consensus

Dans sa lettre de présentation, Recep Tayyip Erdoğan souligne l’expérience internationale de l’ancien chef de la diplomatie turque, sa connaissance du fonctionnement des Nations unies et son aptitude à favoriser le dialogue entre les États membres.

La Turquie entend ainsi présenter un candidat familier des mécanismes diplomatiques internationaux, dans un contexte où l’ONU doit faire face à des crises multiples et à des divergences persistantes entre les grandes puissances.

La candidature de Sinirlioğlu permet également à Ankara de renforcer sa visibilité dans les discussions sur l’avenir de la gouvernance multilatérale.

Elle s’inscrit dans une diplomatie turque qui cherche depuis plusieurs années à jouer un rôle actif dans les médiations internationales et les débats sur la réforme des institutions mondiales.

Neuf candidats annoncés pour la succession de Guterres

Selon les informations rapportées par Anadolu, l’entrée en lice du diplomate turc porterait à neuf le nombre de personnalités candidates à la succession d’António Guterres.

Parmi les noms cités figurent notamment Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, et Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La compétition intervient à un moment délicat pour les Nations unies, confrontées à des conflits prolongés, à des difficultés financières et à des interrogations sur leur capacité à répondre efficacement aux crises internationales.

Le choix du prochain secrétaire général constituera donc un enjeu diplomatique majeur pour les États membres.

Un processus de désignation dominé par le Conseil de sécurité

La désignation du secrétaire général des Nations unies repose sur une procédure institutionnelle dans laquelle le Conseil de sécurité joue un rôle déterminant.

Pour qu’une candidature puisse être recommandée à l’Assemblée générale, elle doit obtenir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité, sans faire l’objet d’un veto de l’un des cinq membres permanents : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.

Le candidat recommandé est ensuite soumis à l’Assemblée générale, qui procède à sa nomination.

Cette procédure donne aux grandes puissances une influence décisive sur la sélection, même si les consultations diplomatiques et les équilibres régionaux interviennent également dans les discussions.

Une candidature aux enjeux diplomatiques multiples

En présentant Feridun Sinirlioğlu, Ankara mise sur un profil qui associe expérience gouvernementale, connaissance du système onusien et responsabilités à la tête d’une organisation internationale.

Sa candidature devra toutefois obtenir des soutiens dépassant les alliances diplomatiques traditionnelles de la Turquie, dans un processus où la capacité à rassembler des positions parfois antagonistes constitue une condition essentielle.

À deux mois de la fin du mandat d’António Guterres, l’entrée de la Turquie dans la course ajoute un nouvel acteur à une succession dont l’issue dépendra avant tout des compromis négociés entre les membres du Conseil de sécurité.

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