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Sahara marocain : après 35 ans de présence, la MINURSO entame son retrait, l’ONU maintient son engagement politique

01 novembre 2026 - 19:01

Faute d’accord au Conseil de sécurité sur la prolongation de son mandat, la mission des Nations unies au Sahara entre officiellement dans sa phase de liquidation ce dimanche 1er novembre 2026. António Guterres appelle à la retenue et réaffirme la poursuite des efforts diplomatiques sous l’égide de Staffan de Mistura.

Une page de trente-cinq ans se tourne dans le dossier du Sahara. Les Nations unies ont annoncé, ce dimanche, le début du processus de liquidation de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), dont le mandat a expiré le 31 octobre sans avoir été renouvelé par le Conseil de sécurité.

Cette évolution majeure met fin aux activités opérationnelles d’une mission déployée depuis 1991. Elle ne signifie toutefois ni la clôture du dossier au sein des Nations unies ni l’abandon du processus politique destiné à parvenir à un règlement du différend régional.

Un désaccord entre grandes puissances à l’origine du blocage

La fin du mandat de la MINURSO intervient après l’échec, vendredi 30 octobre, de deux projets de résolution concurrents au Conseil de sécurité.

Le premier, présenté par les États-Unis, proposait de prolonger la mission d’une année tout en réorientant son mandat et en plaçant le plan marocain d’autonomie au centre des négociations. Soutenu par onze membres du Conseil, il s’est heurté au veto de la Russie.

Un second projet, présenté par Moscou pour reconduire le mandat de la mission, n’a pas davantage abouti, faute de soutien suffisant et en raison du vote négatif des États-Unis.

Cette impasse diplomatique a entraîné l’expiration du mandat de la MINURSO, renouvelé pour la dernière fois en octobre 2025.

Une liquidation progressive sous supervision onusienne

Dans une déclaration diffusée par son porte-parole, Stéphane Dujarric, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a précisé que le 1er novembre marque le début officiel de la période de liquidation.

Une équipe restreinte, placée sous la supervision du Département de l’appui opérationnel de l’ONU, sera chargée d’organiser le retrait des ressources et des effectifs, de coordonner le rapatriement du matériel appartenant aux pays contributeurs et d’assurer la gestion des équipements de l’organisation.

Il s’agit donc d’un processus progressif et encadré, et non d’un départ immédiat de l’ensemble du personnel.

Le secrétaire général a appelé toutes les parties concernées à coopérer pleinement avec les Nations unies afin que cette opération se déroule de manière ordonnée et dans les meilleurs délais.

António Guterres a également rendu hommage aux membres de la mission, notamment à son chef, Alexander Ivanko, pour leur engagement dans un contexte devenu particulièrement difficile depuis la reprise des hostilités en 2020.

Il a salué la mémoire des vingt membres de la MINURSO décédés au cours de ses trente-cinq années d’existence.

Guterres met en garde contre une escalade des tensions

Au-delà des aspects administratifs et logistiques, le secrétaire général s’est montré préoccupé par les conséquences sécuritaires de la disparition du dispositif onusien de surveillance.

Il a averti du risque d’une intensification des hostilités et appelé les acteurs concernés à faire preuve de la plus grande retenue, en évitant toute initiative susceptible d’aggraver les tensions ou de compromettre la stabilité régionale.

La MINURSO avait été créée en avril 1991 pour accompagner le plan de règlement accepté à l’époque par le Maroc et le Front Polisario, notamment à travers la surveillance du cessez-le-feu et la préparation d’un référendum qui n’a finalement jamais été organisé.

Malgré la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, la mission avait conservé un rôle de surveillance, d’observation et de désescalade sur le terrain.

Son retrait modifie désormais les conditions dans lesquelles les Nations unies pourront suivre l’évolution de la situation sécuritaire.

Le processus politique demeure ouvert

Le message central d’António Guterres est néanmoins sans ambiguïté : la fin de la MINURSO ne met pas un terme aux efforts diplomatiques de l’organisation.

L’ONU réaffirme son engagement en faveur d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, dans le cadre des principes des Nations unies et de l’autodétermination des populations concernées.

Le secrétaire général a confirmé que son envoyé personnel pour le Sahara, Staffan de Mistura, continuerait à soutenir le dialogue entre les parties et la recherche d’une issue négociée.

Pour le Maroc, cette nouvelle séquence intervient dans un contexte diplomatique marqué par la place croissante accordée à son initiative d’autonomie. La résolution 2797, adoptée en octobre 2025, avait déjà retenu cette proposition comme base des négociations, tout en appelant à une solution politique mutuellement acceptable.

L’échec du renouvellement de la MINURSO ne constitue cependant pas, en lui-même, une décision du Conseil de sécurité sur le statut définitif du territoire. Il traduit avant tout l’absence d’accord entre les membres du Conseil sur l’avenir de la mission et sur les modalités d’accompagnement du processus politique.

Une nouvelle étape pour le dossier du Sahara marocain

Après trente-cinq ans de présence onusienne, le retrait de la MINURSO ouvre une phase inédite, à la fois sur le plan opérationnel et diplomatique.

Le principal enjeu sera désormais de déterminer comment préserver les mécanismes de prévention des tensions tout en relançant les négociations politiques.

La disparition de la mission ne règle pas le différend. Elle transforme néanmoins les paramètres de sa gestion internationale et renforce la responsabilité des acteurs concernés dans la recherche d’une issue durable.

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