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Belgique : Bart De Wever remet sa démission au Roi après l’échec des négociations budgétaires

02 novembre 2026 - 09:45

La coalition fédérale n’est pas parvenue à s’entendre sur le budget 2027 et un effort de redressement de 10 milliards d’euros d’ici 2029. Les désaccords sur la fiscalité, les dépenses de santé et l’indexation des salaires plongent le pays dans une nouvelle crise politique.

La Belgique traverse une nouvelle crise gouvernementale après l’échec, dans la nuit de dimanche à lundi, des négociations sur le budget fédéral 2027 et le programme d’assainissement des finances publiques.

Le Premier ministre Bart De Wever s’est rendu lundi matin au Palais royal pour présenter la démission de son gouvernement au roi Philippe, selon les informations rapportées par plusieurs médias belges et Euronews.

Le sort de l’exécutif reste toutefois suspendu à la décision du souverain, qui peut accepter la démission, la refuser ou la tenir en suspens afin de permettre la poursuite des discussions.

Cette situation intervient après plusieurs semaines de négociations infructueuses entre les cinq partis de la coalition dite « Arizona », profondément divisés sur les moyens de réaliser un ajustement budgétaire de 10 milliards d’euros à l’horizon 2029.

Des divergences persistantes entre les partenaires

La majorité fédérale rassemble la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) de Bart De Wever, le Mouvement réformateur (MR), Les Engagés, les démocrates-chrétiens flamands du CD&V et les socialistes flamands de Vooruit.

Le désaccord porte essentiellement sur la répartition de l’effort budgétaire entre réduction des dépenses publiques et augmentation des recettes fiscales.

Le MR privilégie une maîtrise plus stricte des dépenses et s’oppose à de nouvelles hausses d’impôts. À l’inverse, Vooruit et Les Engagés souhaitent faire davantage contribuer les ménages disposant des revenus et patrimoines les plus élevés, tout en protégeant certains mécanismes de solidarité.

Plusieurs mesures ont été examinées au cours des négociations, notamment une augmentation d’un point de la TVA, des économies dans les soins de santé et une éventuelle limitation de l’indexation automatique des salaires et des prestations sociales.

La hausse de la TVA s’est heurtée au refus du MR, tandis que les réductions envisagées dans le secteur de la santé ont suscité l’opposition des socialistes.

Aucun compromis n’a pu être dégagé lors de la réunion du comité ministériel restreint, achevée dans la nuit.

La dette publique accentue l’urgence

Pour Bart De Wever, l’ajustement de 10 milliards d’euros constitue une nécessité afin de réduire le déficit et de préserver la crédibilité financière du pays.

Certains partenaires avaient envisagé de ramener cet effort à 8 milliards d’euros, une option rejetée par le Premier ministre, qui redoute une dégradation de la notation souveraine de la Belgique.

La dette publique belge dépasse désormais 110 % du produit intérieur brut, tandis que la hausse des taux d’intérêt alourdit progressivement le coût de son financement.

Cette situation renforce la pression exercée sur les responsables politiques, confrontés à la nécessité de redresser les comptes sans provoquer une détérioration excessive du pouvoir d’achat et des services publics.

Le Premier ministre a également écarté la possibilité de commencer l’année 2027 sous le régime des douzièmes provisoires, mécanisme permettant à l’État de fonctionner temporairement sur la base du budget précédent.

Une crise sur fond de tensions sociales

Les difficultés du gouvernement interviennent dans un climat social déjà tendu.

Plusieurs mobilisations ont été organisées ces dernières semaines contre les politiques de restriction budgétaire et certaines réformes publiques. Des manifestations ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Une nouvelle journée de grève est annoncée pour le 23 novembre, ajoutant une dimension sociale à la crise institutionnelle.

Au-delà des chiffres budgétaires, les divergences au sein de la coalition traduisent des visions différentes de la justice fiscale, du financement de la protection sociale et de la place des dépenses publiques dans le redressement économique.

Le Roi face à plusieurs options

La remise de la démission du gouvernement ne signifie pas nécessairement la dissolution du Parlement ni l’organisation immédiate d’élections anticipées.

Le roi Philippe peut décider de laisser la démission en suspens pour favoriser un nouvel accord entre les partenaires de la coalition. Il peut également accepter la démission, ouvrant alors une phase de consultations politiques.

La possibilité d’une recomposition de la majorité parlementaire ne peut pas non plus être exclue.

Pour l’heure, l’enjeu principal demeure la capacité des cinq formations gouvernementales à surmonter leurs divergences et à définir une trajectoire budgétaire commune.

La crise met en lumière les difficultés d’une coalition idéologiquement hétérogène, confrontée à la fois aux contraintes financières de l’État et aux attentes sociales.

Les prochaines décisions du Palais royal et des dirigeants des partis détermineront si la Belgique parvient à éviter une nouvelle période d’instabilité gouvernementale.

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