Le ministre de l’Intérieur appelle au maintien d’une vigilance permanente, soulignant que l’absence d’attentats ne signifie pas la disparition des projets terroristes. Il défend une stratégie fondée sur l’anticipation des risques, la prévention de la radicalisation et le renforcement de la sécurité de proximité.
Le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a averti que la menace terroriste demeurait une réalité malgré la stabilité sécuritaire dont bénéficie le Royaume. Intervenant devant la commission de l’Intérieur de la Chambre des représentants, à l’occasion de la présentation du budget de son département, il a insisté sur la nécessité de maintenir un niveau élevé de vigilance face à des risques qui restent présents, même lorsqu’ils ne se traduisent pas par des attaques.
« L’absence d’attentats ne signifie pas l’absence de projets visant la sécurité de notre pays », a-t-il souligné, rappelant que la prévention constitue l’un des piliers de la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme.
Une stabilité qui exige une vigilance constante
Pour Abdelouafi Laftit, le climat de stabilité et de sécurité dont jouit le Maroc, ainsi que les conditions permettant l’exercice des droits politiques, économiques et sociaux, résultent d’un travail continu associant les autorités administratives territoriales et les différents services de sécurité.
Cette situation, a-t-il expliqué, repose sur une mobilisation permanente et une coordination étroite entre les institutions concernées. Elle ne saurait toutefois être considérée comme définitivement acquise.
Le ministre a ainsi présenté la stabilité comme un acquis collectif qui doit être préservé et consolidé, indépendamment de l’évolution des menaces.
Anticiper les risques avant le passage à l’acte
La stratégie défendue par le ministère de l’Intérieur privilégie une approche préventive visant à identifier et à neutraliser les menaces avant qu’elles ne se concrétisent par des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou des infrastructures.
Selon le ministre, les interventions menées dans ce cadre s’effectuent dans le respect de la législation en vigueur et sous la supervision des autorités judiciaires compétentes.
Cette démarche repose sur l’anticipation, le renseignement et la coordination opérationnelle des services concernés. Elle vise à limiter les risques en amont plutôt qu’à intervenir uniquement après la commission d’un attentat.
La prévention de la radicalisation, un enjeu complémentaire
Au-delà de la dimension strictement sécuritaire, Abdelouafi Laftit a souligné l’importance de poursuivre les efforts de prévention de l’extrémisme, notamment auprès des jeunes.
Il a mis l’accent sur la nécessité de les protéger contre les discours de haine et les appels à la violence, tout en renforçant les valeurs de modération, de tolérance et d’attachement aux références communes de la société marocaine.
La lutte contre le terrorisme apparaît ainsi, dans l’approche présentée par le ministre, comme une action qui ne peut se limiter aux seules opérations policières. Elle suppose également un travail de prévention destiné à réduire l’influence des discours extrémistes.
Criminalité : près de 90 % des affaires élucidées en 2025
Abordant la lutte contre la criminalité ordinaire, le ministre de l’Intérieur a rappelé que le sentiment de sécurité des citoyens constituait une priorité de son département.
Il a notamment insisté sur l’amélioration de l’efficacité des interventions, le renforcement de la proximité entre les services de sécurité et la population, ainsi que la rapidité de traitement des plaintes et des préoccupations exprimées par les citoyens.
Selon les chiffres présentés par Abdelouafi Laftit, le taux d’élucidation des affaires enregistrées en 2025 a atteint près de 90 %.
Le ministre a attribué ce résultat au renforcement de la coordination sur le terrain, à la mobilisation des ressources humaines, à l’amélioration des moyens matériels et techniques ainsi qu’au développement des méthodes d’enquête et d’investigation.
Ce taux, qui concerne les affaires enregistrées et élucidées, constitue un indicateur de l’activité des services concernés. Il ne permet toutefois pas, à lui seul, de mesurer l’évolution globale de la criminalité ou du sentiment d’insécurité.
Adapter la présence sécuritaire aux réalités territoriales
Abdelouafi Laftit a également insisté sur la nécessité d’assurer une couverture sécuritaire adaptée aux spécificités des territoires.
L’efficacité de cette couverture dépend, selon lui, d’une présence régulière sur le terrain, d’une répartition appropriée des effectifs et d’une capacité d’adaptation aux besoins des villes, des zones rurales et des territoires connaissant une forte concentration démographique ou d’importants mouvements saisonniers de population.
À travers cette intervention, le ministre a réaffirmé les deux priorités de son département : préserver les acquis en matière de lutte contre le terrorisme et renforcer la sécurité quotidienne des citoyens.
Son message central reste celui d’une vigilance durable : la stabilité sécuritaire ne signifie pas la disparition des menaces, mais la nécessité de poursuivre les efforts destinés à les prévenir.